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L'enfermement et le confinement, révélateurs de troubles psychiatriques

Souffrances psychiatriques et de la psychiatrie

30 min
À retrouver dans l'émission

Les troubles psychiatriques concernent douze millions de Français chaque année. Pourtant, ces drames humains sont depuis longtemps passés sous silence. Comment le confinement a été révélateur des fragilités individuelles ? Peut-on parler d'un abandon de la psychiatrie par les pouvoirs publics ?

L'enfermement et le confinement, révélateurs de troubles psychiatriques
L'enfermement et le confinement, révélateurs de troubles psychiatriques Crédits : Knk Phl Prasan Kha Phibuly - Getty

Notre invitée Marion Leboyer est directrice de la fondation FondaMental, que vous pouvez retrouver ici

Des souffrances psychiatriques...

Les conséquences psychiatriques de la pandémie et du confinement sont devant nous, on commence à en voir les effets. On a vu différentes vagues de patients et on assiste en ce moment à une augmentation des consultations, par exemple de nos patients qui ont été en rupture de soins pendant le confinement. 

"Ce qui est devant nous c'est de nouveaux patients qui n'ont jamais été malades mais qui ont été exposés aux conséquences très stressantes et très anxiogènes de la pandémie et de ce qui se passe aujourd'hui : l'isolement social, des troubles du sommeil, l'augmentation des addictions, en particulier, l'alcoolisme, des violences à l'intérieur des maisons."

Des études montrent une augmentation des troubles anxieux et des troubles de l'humeur tout particulièrement chez des populations particulièrement vulnérables : les femmes, les personnes précaires, des jeunes qui sont particulièrement à risque en ce moment, des soignants qui n'avaient jamais été malades, mais qui ont eux-mêmes, pendant la période très aiguë de la pandémie, vécu des situations très douloureuses et très traumatisantes et qui ont fait des pathologies anxieuses, par exemple le stress post-traumatique.

... aux souffrances de la psychiatrie 

"Ce qu'on appelle de nouveau, ce n'est pas seulement des moyens, ce n'est pas seulement de pouvoir recruter, mais c'est aussi de changer l'organisation des soins. On a besoin de décloisonner la psychiatrie, par exemple de la médecine générale, de décloisonner la pédopsychiatrie, de la psychiatrie, du sujet adulte. On a besoin de développer une prise en charge plus spécialisée qui va venir compléter le système de la psychiatrie de secteur. On a besoin de créer des parcours de soins qui soient lisibles par pathologies, avec des centres de diagnostic et de prise en charge. On a besoin d'un parcours de soins qui soit gradué. On a besoin que la qualité des prises en charge soit au rendez-vous avec des diagnostics qui soient beaucoup plus précoces."

Le budget de la recherche en psychiatrie en France n'est que de 2 à 4 % du budget total de la recherche biomédicale, alors que c'est très différent ailleurs, c'est beaucoup plus important. Pourtant, le chiffre du coût de ces pathologies, de l'impact économique, est le même partout. On sait par exemple en France que les premières causes de dépenses de santé de l'assurance maladie pour les maladies chroniques sont les maladies mentales. L'assurance maladie dépense près de 23 milliards d'euros par an. Quand on ajoute les dépenses indirectes qui sont liées au chômage ou à la perte de qualité de vie, le coût de la psychiatrie en France est 109 milliards d'euros.

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  • psychiatre, directeur des départements universitaires de psychiatrie des hôpitaux Henri Mondor à Créteil, responsable des Centres Experts Autisme sans déficit intellectuel de la fondation FondaMental.

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