LE DIRECT
Manifestation contre la loi tavail en 2016 à Nantes

François Cusset : "La violence n'est plus conscrite à un appareil d'État, elle est générale"

35 min
À retrouver dans l'émission

Partant du procès du groupe de Tarnac qui s'est ouvert mardi à Paris, l'historien des idées François Cusset revient sur les dix ans de cette affaire passée de l'antiterrorisme au droit commun, dresse une cartographie des mouvements "d'ultragauche" aujourd'hui, et analyse les logiques de violence.

Manifestation contre la loi tavail en 2016 à Nantes
Manifestation contre la loi tavail en 2016 à Nantes Crédits : LOIC VENANCE - AFP

C’est le dernier acte d’un feuilleton politique et judiciaire. Mardi s’est ouvert au tribunal correctionnel de Paris "le procès Tarnac", faisant suite à l’affaire dite de Tarnac qui remonte à 2008. Ce procès doit durer jusqu’au 30 mars. 

Dans le box des accusés, huit prévenus, dont Julien Coupat, 43 ans, présenté comme le théoricien du groupe, son ex-compagne Yildune Lévy, 34 ans, Elsa Hauck, 33 ans, et Bertrand Deveaud, 31 ans. Ils sont tous les quatre poursuivis pour "association de malfaiteurs" et "dégradation d’un bien appartenant à autrui", en l’occurrence un TGV de la SNCF et des câbles électriques de Réseau ferré de France. 

Il y a dix ans, au moment des faits, l’affaire avait eu un fort retentissement. Les mêmes étaient accusés d’avoir fomenté un acte terroriste. Aujourd'hui, c’est un procès de droit commun. Quel sens, quelle symbolique cela a-t-il ? Que sont devenus les mouvements qualifiés "d'ultragauche" à l'époque ? De qui, de quoi sont-ils les héritiers ? Et comment analyser les différentes formes de violence qu'ils exercent contre la société et qui s'exercent contre eux ?

François Cusset publie le 22 mars Le déchaînement du monde : logique nouvelle de la violence (La Découverte) et affirme :

Il faut s'interroger sur les nouvelles formes de violence qui justifient, pérennisent et instituent des vies violentes.

La logique sacrificielle généralisée qui prévaut aujourd'hui est un discours nouveau car le capitalisme n'a pas toujours parlé en ces termes.

Malgré le fait qu'il y consacre un livre, François Cusset est très critique vis-à-vis du terme même de "violence" :

Ce mot est un mot piégé, c'est le mot du pouvoir.

Il y a notamment cette opération des pouvoirs, bien connue, qui consiste à qualifier de violents ceux que l'on s'apprête à traiter violemment.

Chroniques

8H30
4 min

La Revue de presse des Matins du samedi

La mobilisation sociale sur le bon rail ?
8H48
5 min

L'Idée culture

Raphaël Liogier : "Relire "À la recherche du temps perdu" pour sortir d'un rapport fermé à la virilité"
8H54
5 min

Les Mitonnages de Jacky

Finie l'eau chaude sournoise, découvrez une archéologie du thé !
Intervenants
  • Historien des idées, professeur de civilisation américaine à l’Université de Paris Nanterre
L'équipe
Production
Réalisation
Avec la collaboration de
À venir dans ... secondes ...par......