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Couverture du livre de Philippe Delmas, paru aux éditions Fayard

À qui profite l'économie numérique ? Avec Philippe Delmas

14 min
À retrouver dans l'émission

Avec la parution de l'ouvrage "Un pouvoir implacable et doux", Philippe Delmas dresse un portrait binaire de l'économie numérique : un sillon creusés entre ceux à qui profitent la technologie et ceux qui en sont éloignés. Loin de redistribuer les richesses, la tech rompt avec le pacte démocratique.

Couverture du livre de Philippe Delmas, paru aux éditions Fayard
Couverture du livre de Philippe Delmas, paru aux éditions Fayard

Comme point de départ de l'auteur, un fait aujourd'hui porté comme une évidence : la technologie isole les gens, des personnes âgées aux plus jeunes, contrairement à la révolution industrielle qui a porté le rassemblement syndical, la représentation parlementaire. 

L'économie de la technologie, c'est-à-dire de l’ensemble de ce qui est produit depuis 50 ans, n’a selon l'auteur plus rien à voir avec l’économie industrielle. 

La tech impacte de la même façon toutes les échelles de la société : les individus les entreprises, les villes, les régions et les États, quelque soit leur stade de développement. 

Un principe caractérise cette nouvelle économie : celui théorisé sous le nom du "winner-takes-all", telle une loi de physique de la technologie : le gagnant remporte tout.  L’éco à l'ère industrielle était différente : si elle produisait des grands gagnants, elle engendrait également des suiveurs, des gens et des classes moyens, etc. Ont ainsi pu émerger les villes moyennes, les classes moyennes, les États du milieu. À l'inverse, l'économie numérique ne produit que des gagnants et des perdants. 

En 30 ans, les chances des pays pauvres de devenir moyens et les pays moyens de devenir riches ont été réduites de moitié. Au contraire, les chances des pays moyens de redevenir pauvres ont doublé

Selon Philippe Delmas, les technologies de la révolution numérique sont cumulatives, c'est-à-dire qu'elles ne sont efficaces qu’à deux conditions cumulées : il faut les intégrer complètement et les répandre partout. 

L'auteur décèle au moins deux conséquences politiques de cette nouvelle économie :  

  • Sur notre fondement politique

Le socle de nos démocraties est remis en cause : l’un des principes sur lequel reposent nos démocraties, c’est l'idée que la richesse créée puisse être redistribuée, et que l'on puisse espérer mieux pour nous et pour nos enfants. Ces deux clauses sont remises en cause : la création de richesse est aujourd'hui concentrée et elle s’accumule chez ceux qui la possèdent.

  • Sur la logique politique

La conséquence sur le plan politique est que nous exigeons des dirigeants de l'efficacité dans leurs décisions politiques, afin que l'on soit les meilleurs, les premiers. Cette quête d'efficacité prend le pas sur les principes démocratiques.

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