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La pédopsychiatre Marie Rose Moro.

Marie Rose Moro : préserver l'élan vital des plus jeunes

23 min
À retrouver dans l'émission

Alors que le gouvernement a lancé cette semaine une campagne dédiée à la santé mentale avec une attention particulière aux plus jeunes, nous recevons la pédopsychiatre et directrice de la Maison des adolescents de l'Hôpital Cochin, Marie Rose Moro.

La pédopsychiatre Marie Rose Moro.
La pédopsychiatre Marie Rose Moro. Crédits : Didier Goupy

En parler, c'est déjà se soigner. Voilà le mot d'ordre de la campagne lancée par Santé publique France cette semaine. Une campagne dédiée à la santé mentale en temps de Covid-19 avec une particulière portée aux plus jeunes. 31 % des personnes interrogées dans la dernière vague de l'enquête CoviPrev présentaient des états anxieux ou dépressifs. C'était en mars. Depuis, il y a eu un nouveau confinement, cette semaine, le retour de l'école à la maison dans des conditions techniques, parfois difficiles. Enfants, adolescents, parents, familles : quels sont les effets de la pandémie après plus d'un an et quels enseignements tirer ?  

Nous en parlons avec Marie-Rose Moro, pédopsychiatre, professeur à l'université Paris-Descartes. Marie Rose Moro dirige aussi la Maison de Solenn, Maison des adolescents de l'hôpital Cochin à Paris et est l'auteure de nombreux ouvrages. Le dernier, Quand ça va, quand ça ne va pas, leur famille expliquer aux enfants et aux parents, illustré par Laure Monloubou, a été publié il y a quelques jours  aux éditions Glénat.

_L_es effets de l'épidémie sont importants sur cette génération, mais ni eux, ni moi, ne pensons qu'il s'agit d'une génération sacrifiée. Lorsque l'on a des groupes de parole, que l'on discute, les jeunes me disent combien cette idée d'imaginer qu'on peut les voir comme une génération sacrifiée, leur est insupportable. En plus, il y a cette notion de culpabilité : les jeunes seraient responsables de quelque chose,  de la mort des plus âgés, etc. Tout ça les met en difficulté mais non, ce n'est pas une génération sacrifiée. C'est une génération qui doit inventer, trouver des manières de grandir, de devenir actif. C'est vrai pour toutes les générations, mais là, c'est accentué, c'est expérimental. 

Marie Rose Moro plaide pour la création d'un Institut de la santé des jeunes

Déjà, en temps normal, la santé de cette génération, l'importance de ce qui se passe dans ce moment de l'adolescence pour la vie ensuite, est sous-estimée en France : on n'a pas les moyens de mettre toutes nos forces, nos recherches, nos capacités de comprendre et d'agir, que ce soit du côté de la médecine, de l'épidémiologie, des sciences humaines, de la psychologie, de la psychiatrie, au service des adolescents. Il y a d'autres endroits dans le monde où l'on a cette perception selon laquelle s'occuper de la santé de nos jeunes, ce n'est pas que quelque chose de technique : c'est politique, au sens de rendre la société meilleure. Donc, l'idée de faire un Institut de la santé des jeunes, c'est l'idée d'avoir un endroit où l'on peut réunir à la fois les études, les pratiques, mais aussi les différentes manières de mener des actions sur la société, sur les lois et les représentations.

_J_e crois que c'est une chose très importante de réfléchir à comment l'on s'organise pour tenir et pour garder des liens. Aujourd'hui, la famille se recroqueville, se rétrécit. Et en plus, on ne peut pas beaucoup compter sur la génération d'avant. Or, on sait l'importance des grands-parents et de la génération au-dessus des parents. Nous sommes déjà dans un moment où les familles se transforment énormément : elles s'ouvrent à des tas de modèles familiaux possibles. Je crois donc que l'épidémie va encore augmenter ce mouvement où, finalement, on va faire famille de manière très différente. Il y aura plein de manières de faire famille. Et ce qui compte, c'est comment les liens se font entre entre les adultes, et autour des enfants.  

Pour aller plus loin : 

Le Choix musical de Marie Rose Moro : 

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Intervenants
  • Pédopsychiatre et directrice de la Maison des adolescents de l'Hôpital Cochin.
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