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Le Professeur à SciencesPo, économiste et ancien chef économiste de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement, Sergei Guriev.

Sergei Guriev : "Le régime Poutine est fébrile et fait face à un défi sans précédent"

23 min
À retrouver dans l'émission

Alors qu'en Russie la situation se tend et que les manifestations de soutien à l'opposant Alexeï Navalny, condamné à de la prison ferme, se poursuivent, le Professeur à SciencesPo, économiste et ancien chef économiste de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement, Sergei Guriev.

Le Professeur à SciencesPo, économiste et ancien chef économiste de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement, Sergei Guriev.
Le Professeur à SciencesPo, économiste et ancien chef économiste de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement, Sergei Guriev. Crédits : Chris Booth - AFP

"Je condamne du début à la fin ce qu'il s'est passé sur l'affaire Navalny". Cette déclaration a été faite par Emmanuel Macron hier soir, après le dernier événement en date : l'expulsion par Moscou d'Allemagne, de Pologne et de Suède, accusés d'avoir participé à des rassemblements de soutien à Alexeï Navalny. Des manifestation qui avait été décrétées illégales, et qui ont donné lieu à des milliers d'arrestations. L'opposant au Kremlin a été condamné mardi à près de trois ans d'emprisonnement. C'est notamment pour réclamer sa libération que le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrel, était ces jours-ci à Moscou. 

Economiste, professeur à Sciences Po, ancien économiste en chef de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement, Sergei Guriev a dirigé la nouvelle école d'économie à Moscou entre 2004 et 2013. Cette année-là, l'économiste a quitté la Russie pour la France, craignant pour sa liberté. Il a soutenu dès 2012 Alexeï Navalny, en revendiquant en tout cas avoir fait un don au Fonds contre la corruption qu'il avait créé. Il est notre invité ce matin.

Le régime est nerveux : le défi pour lui est sans précédent. Aujourd'hui, Alexeï Navalny ne peut plus être méprisé, parce que des centaines de milliers de gens ont vu le film produit par Alexeï Navalny sur les palais de Poutine sur la Mer noire. Les leaders du monde entier savent désormais qui est Alexeï Navalny : il est reconnu internationalement comme le leader de l'opposition russe. (...) En Russie, on craint son retour en politique. Monsieur Navalny le sait. C'est pour cela qu'il est rentré en Russie : pour menacer le régime. Et c'est la raison pour laquelle le régime a peur de le libérer. Le maintenir en prison, c'est mauvais pour le régime. Mais s'ils le laissent sortir, s'ils le laissent être un homme politique, cela peut être encore plus dangereux pour eux.

Dans mon entretien avec Alexeï Navalny pour le Grand Continent, il a pu expliquer que nationalisme signifie, pour lui, construire une nation citoyenne. Construire une nation avec de l'égalité, avec la capacité d'être, de rester différent, et, toutefois, de faire partie de la même nation, du même pays, d'avoir un projet national où chacun est égal devant la loi, où chacun peut accomplir son propre potentiel. Nous sommes aussi rentrés dans le détail sur la liberté de la presse : comment établir la liberté de la presse ? Comment établir des institutions politiques ? Car Alexeï Navalny est favorable au passage d'un régime présidentiel à un régime parlementaire. Mais il faut, d'après lui, se concentrer sur un point : construire une Russie libre et démocratique. Les détails, sur comment réformer l'économie ou le système d'imposition, cela viendra après. 

Le vaccin russe Spoutnik, après avoir été regardé avec méfiance, est désormais regardé avec envie par les dirigeants européens. "C'est une bonne nouvelle pour l'humanité", a dit hier à Moscou le chef de la diplomatie européenne. Ce vaccin pourrait être homologué par les autorités sanitaires européennes.

Cette semaine, le journal Britannique "The Lancet" a présenté les résultats intérimaires de la troisième vague de tests du vaccin Spoutnik. Ce vaccin fonctionne bien, et c'est une bonne nouvelle pour l'humanité. Mais il n'est pas produit en quantité suffisante pour répondre à la demande. La mise en place de la vaccination en Europe est très lente, mais c'est la même chose en Russie : moins de 3 à 4% des Russes ont été vaccinés. A Moscou, c'est différent, les choses vont plus vite. Mais la production n'est toujours pas là, donc nous verrons comment les choses vont se passer. 

Pour aller plus loin : 

Le Choix musical de Sergei Guriev 

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  • Professeur à SciencesPo, économiste et ancien chef économiste de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement.
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