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Le comédien Benjamin Lavernhe.

Benjamin Lavernhe : "Lorsque l’on joue, on joue un peu sa vie"

32 min
À retrouver dans l'émission

Le comédien, sociétaire de la Comédie-Française Benjamin Lavernhe est à l’affiche du film "Le Discours", en salles le 9 juin prochain.

Le comédien Benjamin Lavernhe.
Le comédien Benjamin Lavernhe. Crédits : Christophe Archambault - AFP

Ce devait être un film de Noël, ce sera un film de fin de printemps : une comédie qui parle d'amour, de famille, de prise de parole, de prise de tête, qui parle dans la tête aussi puisque Adrien, le personnage principal incarné par Benjamin Lavernhe, trentenaire tellement angoissé et amoureux, partage avec les spectateurs tout a long du film ses pensées, ses craintes, ses doutes, les mots qu'il n'ose pas prononcer, ses espoirs et ses souvenirs. Adapté du roman de Fabcaro, "Le discours" est en salle le 9 juin prochain. 

Le film raconte comment on voit le monde, comment on le regarde quand on est levé du mauvais pied, quand on n'a pas confiance. Quand j'ai lu le scénario, j'étais immédiatement en empathie avec Adrien, le personnage, et sa problématique universelle, le chagrin d'amour, qui est un peu moins traité chez les hommes au cinéma. Adrien est vraiment intéressant parce qu'il n'est pas cliché, il est très bien croqué. Et puis, il est irrésistible parce qu'il ne va pas bien : je pense que c'est aussi ça le moteur de la comédie : quelqu'un qui n'est pas en grande forme, mais qui nous fait rire parce qu'il est juste. 

Le rire peut être un refuge. Il ne faut pas que ce soit un rire suspect : je me méfie des gens qui éclatent de rire à la fin de chaque phrase. J'aime aussi le rire proche des larmes. Derrière les grands comiques comme Jean-Pierre Bacri, Bourvil, ou même Jim Carrey, je pense qu'il y a de grandes failles. Et c'est aussi pour ça qu'ils nous font rire : la petite détresse qui se cache derrière n'est jamais loin. J'aime aussi le rire qui surprend : lorsqu'on éclate de rire, qu'on est cueilli et qu'on ne s'y attend pas. C'est rare, d'éclater de rire. Et lorsque ça m'arrive, c'est souvent parce que je suis surpris. 

Le fait de jouer est devenu une passion petit à petit. Je pense que lorsqu'on joue, on joue un peu sa vie. Il faut pouvoir aussi vivre sans, c'est même sain, cela permet d'avoir un peu de distance. Mais une fois qu'on pratique, il faut s'engager de manière presque vertigineuse, perdre des petits points de vie, sans que ce soit négatif. En lisant une interview de Depardieu il y a peu, j'ai constaté à quel c'était un vivant qui bouffe la vie, la littérature, les voyages, l'amour. Et je pense que tout cela, c'est la nourriture intérieure d'un comédien, ce qui lui permet, ensuite, d'être un bon passeur, de faire vibrer l'âme. 

Pour aller plus loin : 

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