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La photographe Catalina Martin-Chico

Catalina Martin-Chico : "Le changement climatique est rarement visuel, il est difficile à photographier"

34 min
À retrouver dans l'émission

Rencontre avec la photographe Catalina Martin-Chico, primée au World Press Photo en 2019 pour son travail sur les FARC en Colombie et qui présente une nouvelle exposition, "Equateur, la forêt vivante", dans le cadre du festival de photos La Gacilly.

La photographe Catalina Martin-Chico
La photographe Catalina Martin-Chico

La photographe Catalina Martin-Chico présente une nouvelle exposition, "Equateur, la forêt vivante" au festival de photos La Gacilly, situé dans le Morbihan et qui débute le 1er juillet. Un festival très marqué cette année par la question de la nature avec un programme riche autour des grands espaces du Nord. Catalina Martin-Chico elle, est spécialiste d'autres espaces et présente un nouveau volet de ses reportages en Amérique latine, intitulé "Equateur, la forêt vivante". 

Lorsqu'on fait un reportage sur le changement climatique, il y a des situations extrêmes : on pense à la photo typique de l'ours sur la banquise. La majorité des situations, cependant, sont perceptibles par ceux qui habitent sur le territoire mais ne sont pas forcément visuelles, comme la montée des eaux. A moins que la montée des eaux n'engloutisse une île, c'est très difficile de voir le changement à l'oeuvre. Idem pour la disparition des mangroves, les problèmes avec les corail, avec les trop grandes ou trop faibles précipitations : tout cela est compliqué à photographier. Mais on arrive avec des légendes, une autre narration, à compléter l'histoire. 

Pour les reporters, on sent qu'il y a un grand enjeu à couvrir le changement climatique. On est témoin de quelque chose qu'il est important de partager. Le changement climatique prend de plus en plus de place dans notre travail, car ce n'est pas seulement la nature qui est en jeu : c'est aussi la survie des êtres humains. C'est aussi intéressant de documenter, peut être, les dernières traditions, les derniers peuples qui peuvent vivre de telle ou telle manière. Même si effectivement, ce sont aussi des populations qui se sont connectées très rapidement : les nouvelles générations portent des tee-shirts Nike, possèdent des portables et sont sur Youtube : c'était aussi importer de montrer cela, de sortir des clichés. 

Les procédés anciens, où je retrouve le plaisir de la chambre noire de mes débuts, me plaisent vraiment beaucoup. Ils vont certainement à l'encontre de ce qui se passe aujourd'hui, alors que l'on est un peu noyés dans une masse d'image. Dans cette rapidité, on a de moins en moins de place pour faire des sujets plus profonds. Je suis militante du journalisme lent, c'est-à-dire d'un journalisme où l'on peut prendre le temps d'être immersion avec les gens : c'est très difficilement résumable en deux trois clics, deux trois photos. Il est difficile en effet de trouver sa place quand on passe du temps avec les populations : c'est en tout cas incompatible avec des publications très rapides.

Pour aller plus loin : 

Le choix musical de Catalina Martin-Chico

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