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Le comédien Charles Berling.

Charles Berling : "Contrairement au loisir, la culture et l’art demandent au spectateur une véritable participation"

31 min
À retrouver dans l'émission

Le comédien, directeur du Châteauvallon-Liberté, scène nationale à Toulon, (et du festival d'été de Châteauvallon, du 25 juin au 31 juillet) Charles Berling, qui joue et met en scène Dans la Solitude des champs de coton, de Bernard-Marie Koltès jusqu'au 26 juin au Théâtre 14 à Paris.

Le comédien Charles Berling.
Le comédien Charles Berling. Crédits : Sébastien Nogier - Maxppp

A mesure que l'épidémie recule, le couvre-feu vit, espérons, ses derniers jours. Les salles se remplissent et les festivals sont là. Ne boudons pas notre plaisir de parler de spectacles vivants, de textes qui bousculent, d'artistes que l'on retrouve, de rencontres et de toutes les possibilités qu'elles ouvrent. Charles Berling joue Dans la solitude des champs de coton de Bernard-Marie Koltès, au Théâtre 14 à Paris avec Mata Gabin et est par ailleurs directeur de la scène nationale à Châteauvallon-Liberté à Toulon, où le Festival d'été de Châteauvallon aura bien lieu cette année, du 25 juin au 31 juillet.

Cela m'a intéressé de continuer le travail autour du texte de Bernard-Marie Koltès, parce que c'est un texte qui demande à être revisité constamment. On ne joue pas cette pièce toute l'année, mais on la reprend fréquemment avec Mata Gabin et je crois que c'est une œuvre tellement forte, tellement majeure, que c'est heureux de la retrouver constamment, de la revisiter. Cela nous donne  l'impression de nous approcher de plus en plus du cœur de la pièce. Et évidemment, un peu comme la relation que les deux personnages ont dans la pièce, on n'arrivera jamais à percer totalement son mystère

On veut toujours réduire la poésie à quelque rêverie. Pour moi, la poésie permet au langage d'être complexe. Elle permet au langage de s'exprimer de façon multiple, inattendue : c'est cela, pour moi, le langage poétique. Après, Bernard-Marie Koltès est un auteur qui travaille beaucoup sur la réalité. La réalité de ce qu'écrit Bernard-Marie Koltès, c'est un être à la peau noire et un être à la peau blanche et même, plus largement, un être qui qui vient de l'occident et un autre du continent africain. Il y a entre eux un choc des culture, une confrontation qui dépasse ces deux individus, faite d'un incroyable désir et en même temps, d'une incompréhension fondamentale. 

Aujourd'hui, on veut troquer la culture et l'art contre du loisir, en permanence. Quelle est la différence ? La culture et l'art demandent au spectateur, non pas un effort, mais une véritable participation, alors que le loisir le rend passif. C'est là toute la différence. Et je crois que ça a été tout l'enjeu durant le Covid : les politiques n'ont pas compris l'enjeu majeur de civilisation, qui est de sauver la culture contre la société du loisir. Et des textes comme celui Koltès, évidemment, demandent aux spectateurs de participer : cela crée une pensée commune. Cela créé aussi un lieu où il se passe autre chose que de la consommation. 

Pour aller plus loin : 

Le choix musical de Charles Berling : 

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