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La soprano Sandrine Piau

Sandrine Piau : "J'ai un rapport obsessionnel à la lumière"

31 min
À retrouver dans l'émission

La soprano Sandrine Piau, dont le nouvel album "Strauss, Zemlinsky, Berg : Clair-Obscur" paraît chez Alpha. On peut aussi retrouver la chanteuse dans le disque "Brockes-Passion", qui sort sous le même label.

La soprano Sandrine Piau
La soprano Sandrine Piau Crédits : Sandrine Expilly

"L'horizon s'éclaircit", "La lumière au bout du tunnel"... Autant d'expressions que nous entendons beaucoup depuis jeudi et l'annonce d'un calendrier de déconfinement. De reprise, de réouverture et de lumière, il en question avec notre invitée du jour Sandrine Piau, dont le dernier disque porte le très beau titre de "Clair-Obscur" (Alpha Classic). Dans ce disque, Sandrine Piau chante Strauss, Zemlinsky, Berg, accompagnée de l'orchestre Victor-Hugo, dirigé par Jean-François Verdier.

Les concerts captés nous ont permis de continuer à garder un lien avec le public. Mais évidemment, ce n'est pas du tout l'ADN du concert, dans lequel nous nous nourrissons du public, où un échange se produit. Le public ne s'en rend pas forcément compte, mais il est loin d'être passif. Donc il y a une part de deuil à faire, même si l'existence de cette passerelle reste formidable. Après, je suis quelqu'un du son : l'image me fait peur. J'aime l'imaginaire du son. Donc l'image plaquée, ce n'est pas la même chose qu'un public qui vous voit de plus loin, qui peut fermer les yeux, qui a un rapport subjectif à l'image. 

"Clair-Obscur" est probablement le disque qui me ressemble plus. Peut-être parce que j'ai débuté dans la vie avec des musiques qui étaient plus tardives et le public, surtout le public français, continue de m'associer surtout au répertoire baroque. Et puis l'allemand est une langue que j'aime énormément. C'est une langue beaucoup plus douce que ce qu'on en dit. C'est une langue avec une vraie musicalité parce qu'à la fois, elle percute dans ses consonnes, ce qui nous manque parfois pour projeter le son en français et en même temps, elle a des voyelles très pures. Et puis la poésie allemande est magnifique : il y a ce rapport à la nature, ce côté un peu sombre, ce rapport à la mélancolie qui me plaît beaucoup.

La maturité fait sûrement que l'on approche les œuvres différemment, en-dehors de l'aspect technique. Parfois, on peut avoir, très tôt, cette maturité, une idée précise de ce que l'on veut, une conception déjà très construite.  Mais c'est vrai qu'il y a le temps du corps et le temps de la réflexion. Parfois, ça coïncide et puis parfois, il faut du temps. Pour moi, cela a été formidable d'avoir ce grand pan de vie baroque, cette musique que je ne connaissais pas et qui m'a emportée, que j'aime infiniment. Et je pense que le plaisir n'a été que plus grand de boucler une sorte de boucle et de revenir à ce qui était le ferment de ma personnalité musicale.

Pour aller plus loin : 

Le choix musical de Sandrine Piau

  • Le lento du concerto en C minor pour trompette et piano op. 35 de Chostakovitch

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