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L'Invité(e) de la Dispute : Pascal Dusapin 3/5

6 min
À retrouver dans l'émission

Pascal Dusapin
Pascal Dusapin Crédits : Seham Boutata - Radio France

Pour cette nouvelle saison, la Dispute accueille chaque jour et pendant toute la semaine un ou une artiste - écrivain, musicien, cinéaste, comédien, plasticien, designer, styliste, architecte… - pour nous dire ce qu’il ou elle a vu, lu, écouté ou envie de voir, lire, écouter… dans l’actualité culturelle.

Chaque soir, selon la thématique de l’émission, il ou elle nous fera part de ses choix : lundi-spectacle vivant / mardi-cinéma / mercredi-arts plastiques / jeudi-musique / vendredi-littérature.

Cette semaine, l’invité de la Dispute est Pascal Dusapin.

Les choix de l'invité : "Je privilégie un peu tout ce qui relève de l'art contemporain mais la contemplation de certaines toiles de la Renaissance n'est pas prohibée "

Il est très attentif à l'art photographique. Lui-même fait beaucoup de photos. Il a vu Sergio Larrain avant tout le monde.

Il a vu les tirages en train de se faire chez Guillaume Geneste (très grand tireur). L'expsotion Sergio Larrain, Vagabondages , est à la Fondation Henri Cartier-Bresson (Jusqu'au 22 décembre). "J'ai été très touché par cet art là... les images sont belles, simples et profondes, c'était comme des pleurs... comme un retour aux fondamentaux "

Dans un genre totalement différent il a vu :

Joseph Beuys au Lenbachhaus à Munich (collection de Lothar Schirmer). "De Larrain à Beuys on a fait une pirouette interplanétaire... et au fond on est pas loin de cette humanité"

Selon lui, il y a dans cet art toute l'histoire de l'Allemagne et du monde d'aujourdhui.

"C'est sans pitié, ça passe ou ça casse ! je suis sorti de cette exposition assez troublé... ça créé une émotion très particulière"

Biographie :

C’est à l’âge de dix huit ans que Pascal Dusapin, né le 29 mai 1955 à Nancy, écoute Arcana d’Edgar Varese, à l’Université de Vincennes. Sa vie bascule, il sait désormais que sa vie se confondra avec la composition musicale. Auparavant, il y eut l’éveil musical, au détour de vacances familiales un trio de jazz joue dans l’hôtel, il en revient avec l’envie de jouer de la clarinette, son père le mettra au piano. Puis à 10 ans il découvre l’orgue, une déflagration émotionnelle qui perdurera au travers d’une adolescence chaotique et peu conforme. A grandir entre un petit village lorrain entouré de forêts et la banlieue parisienne, il ne choisit aucune obédience et se passionne autant pour Bach que pour les Doors, le free jazz et Beethoven, s’abreuvant des découvertes musicales propres aux années 70. Avec passion, il suivra les cours de Iannis Xenakis de 1974 à 1978, qu’il perçoit comme le dépositaire contemporain de Varèse. Ses premières pièces, Souvenir du silence (1975), Timée (1978) trouvent l’écoute et le soutien des compositeurs Franco Donatoni et Hughes Dufourt. En 1977 il remporte le prix de la Fondation de la Vocation et en 1981 celui de la Villa Médicis où il séjournera deux ans et écrira Tre Scalini, Fist, son premier Quatuor, Niobé. A l’été 1986 il écrit Assaï pour le ballet de Dominique Bagouet, grande rencontre humaine et artistique, dont la tournée le mènera de par le monde pendant des années.

En 1986, appuyé par Rolf Lieberman, il s’engage dans l’aventure de son premier opéra, écrit en étroite collaboration avec l’écrivain Olivier Cadiot, Roméo & Juliette. La création aura lieu simultanément à l’Opéra de Montpellier, en juillet 1989, et au Festival d’Avignon, suivi d’une tournée à l’étranger. Pascal Dusapin relie dès lors sa passion littéraire à ses travaux opératiques. Ainsi naîtront Medeamaterial d’après Heiner Müller, créé à la Monnaie de Bruxelles en 1991, To be sung d’après Gertrude Stein, fantastique aventure à laquelle il associe le grand plasticien maître de la lumière James Turrell, créé en 1994 au Théâtre des Amandiers à Nanterre et en 2003 Perelà, Uomo di fumo, d’après Aldo Palazzeschi à l’Opéra Bastille. Il écrit ensuite le livret de ses deux derniers opéras, Faustus, The Last Night créé à la Staatsoper de Berlin en 2006 et Passion au Festival d’Aix en Provence en 2008. Entrelacés dans l’écriture de ses opéras ont éclos de nombreuses pièces dont sept quatuors à cordes (le sixième avec orchestre), d’autres partitions vocales telles La Melancholia, Granum Sinapis, Dona Eis, Sept études pour piano, A Quia concerto pour piano, sept solos pour orchestre, Go, Extenso, Apex, Clam, Exeo, Reverso (créé par les Berliner et Simon Rattle) et Uncut. Ce cycle de sept formes orchestrales composé de 1991 à 2009 raconte une très longue symphonie de vie, d’émotions humaines et artistiques. Un nouveau cycle pour orchestre est en cours, inspiré par la nature, Morning in Long Island en sera le premier élément, suggéré par les formes du vent.

Pascal Dusapin est distingué par de nombreux prix, honneurs, récompenses dont le prix Cino del Duca en 2005, le Dan David Price en 2007 et le titre d’académicien à la Bayerische Académie de Munich la même année, qui le voit aussi occuper le fauteuil de la Chaire Artistique au Collège de France, second compositeur après Pierre Boulez à accéder à cette institution. Il tirera de cette expérience et de ses conférences un livre, « Une musique en train de se faire » («édité au Seuil). En 2010 et 2011 il est « Guest Professor » à la Musikhochschule de Munich.

Il rencontre et collabore avec de nombreux artistes, conjugue leurs différences avec sa pluralité, Sasha Waltz, James Turell, Peter Mussbach, Laurence Equilbey, l’ensemble Accroche Note, Le Philharmonique de Berlin, Simon Rattle, le Quatuor Arditti. De nouveaux projets lui font aussi intégrer l’électronique à grande échelle dans des lieux exceptionnels comme le Grand Palais lors du Monumenta de Richard Serra ou la plage de Deauville pour le 150ème anniversaire de la ville.

Artiste singulier, Pascal Dusapin continue son voyage sonore et formel sans dogme, offrant à travers des formes toujours diverses une musique furieusement émotive. (Irina Kaiserman)

Actualités de l'invité :

Aufgang - Concerto pour violon

14 - 15 - 16 novembre 2013 Création américaine par le Seattle Symphony Orchestra sous la direction de Ludovic Morlot - avec Renaud Capuçon au violon

9 janvier 2014 à Lausanne - création suisse par l'Orchestre de la Suisse Romande sous la direction de Neeme Järvi - avec Renaud Capuçon au violon / reprise le 10 janvier à Genève

3 mai 2014 - création anglaise à Londres

Penthesilea - opéra d'après Kleist

Création au Théâtre de la Monnaie de Bruxelles sous la direction de Ludovic Morlot en avril 2015

Suite avec soprano

Pièce écrite pour le Suntory Hall de Tokyo qui donnera de nombreux concerts de ses œuvres

Projet de commande du Chicago Orchestra en 2015-2016

L'équipe
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Avec la collaboration de
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