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Elections municipales : la pandémie a-t-elle bousculé les lignes politiques ?

29 min

Quel paysage politique pour le second tour des municipales ?

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Membre d'un conseil muncipal Crédits : GUILLAUME SOUVANT - AFP

Initialement prévu le le 22 mars, le second tour des élections municipales a été reporté au  28 juin en raison de la crise du coronavirus. Et si le second tour concerne seulement 14% des communes françaises, l’enjeu derrière le scrutin reste important. Il permettra de valider ou non des tendances observées il y a désormais près de 3 mois. Et pour les maires sortants, ce résultat sera révélateur de leur gestion de la crise. Que doit-on attendre du second tour des élections municipales ? La pandémie a t-elle bousculé les lignes politiques ? 

Pour en parler, nous recevons Martial Foucault, professeur de science politique et directeur du Cevipof, le centre de recherches politiques de Sciences Po, auteur de “Maires au bord de la crise de nerfs : la démocratie locale peut-elle survivre ?” (L’Aube, 2020).

Les conséquences d’une élection qui s’allonge dans le temps

Le calendrier est historiquement modifié. Jamais nous n'avions vu une élection municipale se dérouler sur une période si longue. Et cela soulève la question de savoir si l’égalité devant le scrutin est respectée. Les maires sortants disposent de ressources plus importantes et peuvent faire une campagne malgré la situation que nous vivons par leur gestion de la crise, pas les autres candidats. Donc oui, il y a une situation d'inégalité durant cette campagne municipale. Martial Foucault

"En France, l’élection municipale joue le jeu de la prime au sortant. La prime au sortant est forte et ce sont 70% des maires élus au premier tour qui sont des maires sortants. (…) Néanmoins, on risque d’observer une crise de légitimité car dans certaines communes seulement un quart des électeurs s'est rendu dans les isoloirs lors du premier tour."

Bascule à droite pour La République en marche ? 

La République en marche souhaite obtenir 10 000 conseillers municipaux sur les 500 000 conseillers municipaux français. C'est un objectif relativement bas. Mais il risque de ne pas être atteint. LREM aura donc de grandes difficultés à installer un maillage territorial conséquent. Ce qui aura des conséquences sur les prochaines élections. Et on voit difficilement aujourd’hui une grande ville tomber dans l’escarcelle de LREM. Martial Foucault

"Il y a deux lectures à ce basculement à droite de LREM. La première est d’observer ces alliances avec LR. C’est la poursuite d’une stratégie engagée depuis 2017 de prendre un espace politique très large laissé libre allant du centre-droit  jusqu’à la droite plus classique. D’ores et déjà, on se positionne dans la perspective de l’élection présidentielle de 2022."

Aujourd’hui, ce dont souffre LREM c’est la découverte du rôle. La campagne a été faite dans la précipitation. On oublie que la défiance vis-à-vis des partis politiques produit des effets désastreux sur le militantisme politique. Et quand on désincarne ce qu’est le militantisme politique, il est difficile d’autant plus au niveau local d’envisager des gains visibles. Martial Foucault

Avènement de la métropole et élections sénatoriales : clés de voute des enjeux municipaux

"Il y a des villes pour lesquelles les dés sont jetés pour Europe Écologie les Verts comme Grenoble où la réélection du maire Eric Piolle semble jouée. Mais il y a désormais d’autres villes que le parti écologiste peut conquérir comme Strasbourg et Bordeaux. Et s'il n’y a pas de conquête forte, il y aura néanmoins une présence forte dans les conseils municipaux de l'idéologie verte. Et ça, c’est une bonne chose pour le parti en vue de l’élection présidentielle de 2022."

S’il n’y a pas d’accord d’alliance entre EELV et le PS à Lille ou à Strasbourg, c’est qu’il y a des enjeux plus globaux au niveau de la métropole. Et on voit que la métropole devient une échelle importante dans le scrutin municipal. Martial Foucault

"Il faut surveiller les 3 grandes villes symboliques qui sont dans l’indécision : Marseille, Lyon et Paris. Et n’oublions pas que de ce scrutin dépendra la composition du Sénat lors des prochaines élections sénatoriales prévues l’an prochain."

Vous pouvez (ré)écouter l'interview en intégralité en cliquant sur le player en haut à gauche de cette page.

Et pour réécouter la première partie de l'émission consacrée à l'éducation, vous pouvez cliquer ici. 

Intervenants
  • Professeur de sciences politiques et directeur du Cevipof, le Centre de recherches politiques de Sciences Po
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