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François Hollande lors des funérailles de Jcques Chirac le 30.09.2019

François Hollande : "Il n’y a pas de négociation sur la liberté. C’est la haine qui doit être condamnée, pas le rire"

22 min

Pour se rappeler les attentats perpétrés il y a 5 ans, à Charlie Hebdo et à l'Hyper Casher, l'ancien président de la République est l'invité des Matins.

François Hollande lors des funérailles de Jcques Chirac le 30.09.2019
François Hollande lors des funérailles de Jcques Chirac le 30.09.2019 Crédits : VALERIY MELNIKOV / SPUTNIK - AFP

Le 7 janvier 2015, la France découvrait avec sidération la présence de cellules dormantes sur son territoire, capables de perpétrer des tueries en plein cœur de Paris. Ce jour-là, les journalistes de la rédaction de Charlie Hebdo tombèrent sous les balles des djihadistes et, dans les jours qui suivirent, ce sont des clients de l’Hyper Cacher, porte de Vincennes à Paris, et une policière en service à Montrouge qui sont pris pour cible par le terrorisme islamiste. 

Cinq ans après la vague "Je suis Charlie", quelles sont les menaces qui pèsent sur la liberté d'expression ? Assiste-t-on depuis janvier 2015 à une résurgence de l’antisémitisme ? Où en est le risque terroriste cinq ans après ces attentats ?

Rendez-vous ce mardi pour deux entretiens exceptionnels. Après l'avocat et ancien Garde des Sceaux Robert Badinter en première partie, l'ancien Président de la République François Hollande.

La réforme des retraites

Pour l’ex-président, le nouveau régime universel "peut avoir son fondement", mais il n’a pas été suffisamment préparé. La réforme est notamment ralentie par le manque de clarté entre les rôles respectifs du président du Premier ministre.

Cette coexistence d’un président de la République et d’un premier ministre dont on ne voit plus quel est le rôle, crée une confusion dans le pays et peut-être des retards dans la prise de décision. Je pense qu’il faut aller jusqu’au bout de la logique du quinquennat. Le président est chef de l’exécutif et ne peut pas déléguer ses pouvoirs. Le président est comptable, responsable et peut-être même coupable.

Emmanuel Macron doit assumer ses choix politiques concernant la réforme des retraites et ne pas "s'abriter" derrière son Premier ministre."Ce que les Français attendent, ce ne sont pas les mots du Premier ministre mais la position du président de la République. L’idée d’une prise de distance ou de hauteur ne tient pas : Il y a dans la République un principe de prise de responsabilité."

La déflagration du 7 janvier 2015

Il y a cinq ans, François Hollande, alors président de la République, est confronté à une vague d'attentats djihadistes sans précédent sur le sol français. Le premier d'entre eux, l'attentat à Charlie hebdo.

Le 7 janvier 2015, Patrick Pelloux qui est un ami, et membre de la rédaction de Charlie Hebdo me téléphone et me décrit la scène qu’il voit. Une rédaction décimée, des amis à terre. Il est en sanglots et je comprends que nous sommes devant une tragédie.

L'ancien président explique qu'il est "impossible d'être indifférent" face à un acte d'une telle ampleur. "Il faut montrer non pas de l’insensibilité mais de l’impassibilité. Il faut montrer aux terroristes que nous sommes plus forts qu’eux. Cela passe par une action d’humanité. La manifestation du 11 janvier est la plus grande fierté de réaction qu’on peut avoir face à un attentat". 

"Un pays qui bascule est un pays qui se déchire, se divise, cherche des coupables là où ils ne sont pas, y compris parmi les pratiquants d’une religion. C’est un pays qui considère qu’il fait introduire une République des suspects. Ce n’est pas ce qui s’est passé. Mon gouvernement a veillé à ce que l’état de droit soit préservé. "

La déchéance de nationalité

Dès le 16 novembre, trois jours après les attentats meurtriers perpétrés à Paris, François Hollande annonçait devant le Congrès réuni à Versailles son intention d'introduire dans la Constitution la possibilité de déchoir de la nationalité française les binationaux condamnés pour actes de terrorisme. Cette décision avait été vivement critiquée

La déchéance de nationalité a été vue comme un recul de l’état de droit, ce qui n’était pas le cas. L’état de droit déjà aujourd’hui prévoit dans certains cas une déchéance de nationalité.

La montée de l'antisémitisme

En 2018, les actes antisémites recensés ont augmenté de 74 %. Internet au mouvement des "gilets jaunes", des universités aux cités de banlieue, le phénomène s’étend. Pour François Hollande, "Il n’y a aucune faiblesse à avoir sur l’antisémitisme, c’est une question fondamentale".

Il n’y a pas d’excuse à donner à l’antisémitisme, comme au racisme. Il faut dénoncer tous les comportements, actes, propos antisémites. Il n’y a pas de négociation sur la liberté. C’est la haine qui doit être condamnée, pas le rire, la haine des pratiquants d’une religion.

L'escalade entre les États-Unis et l'Iran

Une semaine après la mort du général Qassem Soleimani, homme du régime iranien, tué la semaine dernière par une frappe américaine en Irak, les tensions entre les deux pays sont extrêmement vives. Pour François Hollande, Donald Trump a commis une erreur politique.

Le régime iranien sort renforcé de cette épreuve. Si l’intention était d’affaiblir l’Iran, c’est raté. Trump a pris une grave responsabilité. Le retrait possible des troupes de la coalition fait craindre un retour de Daech. L’Irak qui connaissait un mouvement de contestation, est mis dans une situation douloureuse, où la jeunesse ne sait plus où aller. 

"L’Iran a commis des actes dangereux, créé de la tension dans cette région, la présence du Hezbollah en Syrie n’est pas légitime. Mais il ne faut pas se mettre au même niveau et créer une escalade. Trump depuis qu’il est président des États-Unis a mis le monde en danger. "

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