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La philosophe Elisabeth Badinter à Tomblaine, France, le 1er juin 2015

La laïcité au secours de l’unité républicaine, avec Elisabeth Badinter

25 min

Elisabeth Badinter revient dans un nouveau livre sur l'impératrice Marie-Thérèse d'Autriche, cette fois sous le prisme de la maternité. Si la philosophe s'intéresse à l'Histoire, elle n'en reste pas moins en première ligne dans les débats qui agitent notre présent et elle est l'invitée des Matins.

La philosophe Elisabeth Badinter à Tomblaine, France, le 1er juin 2015
La philosophe Elisabeth Badinter à Tomblaine, France, le 1er juin 2015 Crédits : Jean-Christophe VERHAEGEN - AFP

C’est une féministe et intellectuelle qui n’hésite pas à lancer régulièrement des pavés dans la marre, quitte à se fâcher avec sa propre famille politique. Et si elle participe pleinement au débat public, dénonçant dernièrement « l’islamisme qui tue », elle n’hésite pas non plus à prendre le large pour s’intéresser à d’autres sujets comme l’impératrice Marie-Thérèse d’Autriche.

Elisabeth Badinter est l'invitée de Guillaume Erner. Agrégée de philosophie, spécialiste des Lumières, son dernier livre Les Conflits d'une mère, Marie-Thérèse d'Autriche et ses enfants, vient de paraître quatre ans après un premier ouvrage sur l’impératrice intitulé Le Pouvoir au féminin, Marie-Thérèse d'Autriche 1717-1780 - L'impératrice-reine. Ces deux livres sont à retrouver aux éditions Flammarion.

"Marie-Thérèse d'Autriche a inauguré une nouvelle étape de la maternité" (Elisabeth Badinter)

"J'avais découvert une femme, une impératrice qui était tout charme, adorée des gens qui la rencontraient, qui avait un art de la diplomatie exceptionnel et dont j'ai fait le portrait. Et puis je n'avais été indifférente au fait qu'elle a mis au monde 16 enfants en 19 ans, même si lui en est resté 13, et je me suis demandé comment elle avait fait pour élever ses enfants. Car en fait elle, contrairement à ses paires, les autres souveraines, a élevé ses enfants. Elle a montré des sentiments pour ses enfants qu'on ne trouve quasiment pas ailleurs à cette époque du XVIIIe siècle." (Elisabeth Badinter, philosophe)

"Elle a incontestablement inauguré une nouvelle étape de la maternité. Aux mères de l'époque qui avaient beaucoup d'enfants et qui en perdaient beaucoup, et qui n'y attachaient pas une importance considérable, la mentalité c'était "un de perdu, dix de retrouvés". Contrairement à ces sentiments qui régnaient à l'époque, Marie-Thérèse, s'est vraiment intéressée à ses enfants, elle les a vraiment élevés et quand ils étaient malades, elle était près d'eux. (...) Ce qui m'a le plus touchée, et c'est qui m'a semblé le plus moderne, c'était que quand un enfant mourrait, pour Marie-Thérèse c'était abominable." (Elisabeth Badinter, philosophe)

"Marie-Antoinette c'est l'avant-dernière (...) et il faut bien noter que Marie-Thérèse ne s'est pas beaucoup occupée de cette avant-dernière fille. Les rapports entre la mère et la fille étaient plutôt distants. Marie-Antoinette, c'est dans ses écrits, "craignait" sa mère. Et il est vrai que Marie-Thérèse était sévère, qu'elle connaissait parfaitement chacun de ses enfants, était plus soucieuse des défauts qu'ils avaient que de leurs qualités. Et Marie-Antoinette était une petite jeune-fille assez légère qui aimait rire, qui savait s'amuser mais qui inquiétait beaucoup sa mère car elle ne voyait pas en elle les qualités d'une future reine de France." (Elisabeth Badinter, philosophe)

"Je ne suis pas sûre de voir de mon vivant l'égalité au sein de la famille" (Elisabeth Badinter, philosophe)

"Depuis 40 ans que je travaille sur la maternité, je me demande toujours, comment se fait-il que ce sont les femmes qui assument tous les travaux du monde familial ? Et c'est encore le cas, ça diminue très très très peu. L'égalité au sein de la vie familiale n'existe pas encore. On est tout doucement sur le chemin de plus d'égalité mais je ne suis pas sûre de voir de mon vivant l'égalité au sein de la famille entre l'époux et l'épouse." (Elisabeth Badinter, philosophe)

"Je ne pense pas qu'aujourd'hui, à l'Assemblée nationale, toute l'assemblée éclaterait de rire en voyant Madame Duflot dans une robe. C'était tellement stupéfiant et pourtant c'était il y a quelques années seulement. Je trouve que les mentalités changent assez vite en ce moment peut-être à cause du combat féministe plus dur (...) il y a des choses qu'on ne ferait plus qu'on faisait il y a 10 ans." (Elisabeth Badinter, philosophe)

"Il y a un islam politique très fort en ce moment qui gagne des tas de terrains et notamment celui des femmes, en les affichant notamment dans la rue avec des voiles et cachées pour des raisons de pudeur, etc... je ne pense pas que les non-musulmans peuvent seuls mettre un terme à cela." (Elisabeth Badinter, philosophe)

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