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Apichatpong Weerasethakul, Power Boy (Mékong), 2011

Apichatpong Weerasethakul : "Je voulais présenter les souvenirs des gens qui ont souffert des vicissitudes de la guerre"

15 min
À retrouver dans l'émission

Apichatpong Weerasethakul est l’invité des Matins d’été pour son exposition à Villeurbanne “Peryphery of the night” et son film “Memoria”, lauréat du prix du jury à Cannes.

Apichatpong Weerasethakul, Power Boy (Mékong), 2011
Apichatpong Weerasethakul, Power Boy (Mékong), 2011 Crédits : © Kick the Machine

Le réalisateur thaïlandais, Palme d'or au festival de Cannes en 2010 pour son film "Oncle Boonmee, celui qui se souvient de ses vies antérieures", est revenu cette année sur la croisette avec un film hypnotique, lauréat du Prix du jury.

"Memoria" reprend les thèmes de prédilection d'Apichatpong Weerasethakul, la mémoire donc, mais aussi le rêve et l'invisible. Autant de sujets mystiques qu'il a égrainé tout au long de sa filmographie et qu'il rassemble dans une monographie exposée à l'Institut d'art contemporain de Villeurbanne du 2 juillet au 28 novembre 2021.

Apichatpong Weerasethakul, Power Boy (Villeurbanne), 2021
Apichatpong Weerasethakul, Power Boy (Villeurbanne), 2021 Crédits : © Kick the Machine

Dans cette exposition intitulée "Periphery of the night", le réalisateur explore la mémoire thaïlandaise depuis les soulèvements communistes des années 1960 et revient sur les traces de son enfance pour mieux comprendre le présent qui l'entoure.

Dans "Périphérie de la nuit", on est entre le sommeil, l’éveil, la vie, la mort, la conscience, l’inconscience.

Apichatpong Weerasethakul, Blue, 2018
Apichatpong Weerasethakul, Blue, 2018 Crédits : © Kick the Machine

Une exposition comme un journal intime

L'exposition à Villeurbanne rassemble une vingtaine d'œuvres sur les vingt dernières années, des vidéos, des photos, des installation qui ne sont pas étrangères à la filmographie du réalisateur, à la manière d'un journal vidéo.

Il pourrait s’agir d’un journal intime, ou d’une fiction aussi. Toutes ces œuvres prises ensemble racontent des histoires différentes.

Apichatpong Weerasethakul, Fiction, 2018
Apichatpong Weerasethakul, Fiction, 2018 Crédits : © Kick the Machine

J’ai eu le plaisir de travailler avec une équipe pour essayer différentes combinaisons d'images, d'ambiances et notamment de sons. Ce qui compte c’est l’interaction avec certaines paroles présentées dans les œuvres.

Apichatpong Weerasethakul, Fireworks (Archives), 2014
Apichatpong Weerasethakul, Fireworks (Archives), 2014 Crédits : © Kick the Machine

La mémoire vidéo

Ces vidéos sont parfois tournées dans le cadre de recherches pour vos différents films. Pour "Oncle Boonmee" par exemple, Apichatpong Weerasethakul s'est rendu dans le village de Nabua. 

Cette œuvre s’inscrit dans le cadre de différentes œuvres vidéo que j’ai tournées dans un séjour dans le nord-est de la Thaïlande. Je voulais présenter les souvenirs des gens qui ont souffert des vicissitudes de la guerre à travers les récits que relatent les adolescents. Leurs récits sont ceux qu’on leur a racontés et je le transmets. C’est une œuvre orale, un récit qui s’intègre à la recherche de mon propre récit, la Thaïlande est riche en histoires différentes. Il faut écouter les différents points de vue pour bien comprendre le traumatisme et l’expérience vécue.

Apichatpong Weerasethakul, Phantoms of Nabua, 2018
Apichatpong Weerasethakul, Phantoms of Nabua, 2018 Crédits : © Kick the Machine

Dans la vidéo "Haiku", des adolescents construisent un vaisseau spatial à travers un filtre rouge. Une couleur qui a un sens puisqu'elle a longtemps été proscrite pour des raisons politiques.

Le rouge est associé au communisme qui a beaucoup affecté la Thaïlande et en interrogeant certaines personnes, je me suis rendu compte de l'importance de la symbolique du rouge qu’il a fallu cacher. Pour moi le rouge vise à faire revivre la mémoire et l’espoir que les gens portaient en eux à l’époque. Le communisme était pertinent dans la vie de ces gens qui cherchaient l‘égalité.

Apichatpong Weerasethakul, The Palace (still), 2007
Apichatpong Weerasethakul, The Palace (still), 2007 Crédits : © Kick the Machine

Un thaïlandais en Colombie

Dans l'exposition, sont enfin présentées des œuvres issues du Memoria project initié en 2017, qui aboutira au film "Memoria". Un travail mené en Colombie par Apichatpong Weerasethakul qui dit avoir été guidé par les similitudes entre la jungle thaïlandaise et l’Amazonie.

Tilda Swinton dans "Memoria" de Apichatpong Weerasethakul (2021)
Tilda Swinton dans "Memoria" de Apichatpong Weerasethakul (2021) Crédits : (HE MACHINE FILMS BURNING / ANNA SANDERS FILMS / MATCH FACTORY PRODUCTION / ZDF

J’ai été attiré par l’Amazonie qui m’a marqué pendant mon enfance car je lisais beaucoup d’histoires dessus. Je suis allé en Amérique latine, j’ai visité des pays et j’ai passé de nombreux mois en Colombie. C’est un pays fort et beau. Il pèse sur les épaules des Colombiens une grande incertitude sur leur avenir, ce qui est une autre similitude avec la Thaïlande.

Portrait Apichatpong Weerasethakul
Portrait Apichatpong Weerasethakul Crédits : © Kick The Machine

Le travail autour du film "Memoria" est aussi documenté dans un ouvrage éponyme à paraître chez Fireflies Press en septembre prochain. 

Bibliographie

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MemoriaApichatpong WeerasethakulFireflies Press, 2021

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