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L'ouverture d'une possibilité

À présent, le monde d’après. Avec Stéphane Audoin-Rouzeau

42 min
À retrouver dans l'émission

La crise c’est fini ? Y retournerons-nous un jour ? Mais d’ailleurs, à quoi ça ressemble une fin de crise ?

L'ouverture d'une possibilité
L'ouverture d'une possibilité Crédits : Third Eye Images - Getty

L’assouplissement des restrictions sanitaires nous a donné un aperçu de ce à quoi la fin de la crise allait ressembler. Et bien que le variant Delta menace les festivités, des pays et des citoyens s'organisent déjà pour les célébrations et commémorations des morts du Covid.

Il y a un an Stéphane Audoin-Rouzeau déclarait sur notre plateau : « Nous sommes en temps de guerre puisqu'en ces moments il n’y a plus de futur, il n’y a plus de présent. »  

Si le parallèle des Années folles est régulièrement tracé, notamment en prévision d’un boom économique attendu, l’heure de la fête ne semble pas avoir encore sonnée.  Sur le chemin de la sortie de crise de nouvelles interrogations se posent, celles du traumatisme des populations mais aussi du devoir mémoriel. En Chine, le centenaire du Parti communiste a été l’occasion de réécrire l’histoire de la crise sanitaire, et aux États-Unis les événements commémoratifs se succèdent, alors qu’en France les célébrations ne dépassent pas l’échelle locale. 

Que nous enseigne l’histoire de la Grande Guerre dans les reconstructions post-crise ? Nous poserons la question à Stéphane Audoin-Rouzeau, historien spécialiste de la Grande Guerre, directeur d’études à l'Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales.

La France en guerre ?

Stéphane Audoin-Rouzeau se rappelle avoir réagi avec beaucoup de surprise et d’intérêt lors de l'allocution d'Emmanuel Macron le 16 mars 2020, lorsqu'en annonçant le confinement il déclarait : « Nous sommes en guerre, en guerre sanitaire. »

Le Président a répété six fois de suite ce « nous sommes en guerre ». Il reprend des formulations directement liées à la Grande Guerre, avec la métaphore des lignes de défense, les soignants qui prennent la place des Poilus dans les tranchées.

Dans d’autre pays, c’est plutôt la Seconde Guerre Mondiale qui est mobilisée, Pearl Harbor aux États-Unis, le Blitz au Royaume-Uni. La France est peut-être le seul pays au monde à avoir utilisé cette référence à 14-18. 

Temps de guerre et temps de pandémie

Pour autant, Stéphane Audoin-Rouzeau, désapprouve ces références à la guerre dans la mesure où la crise du Covid n'a pas entraîné de morts violentes, ni engendré de dangers aux frontières.

On ne peut pas comparer la Grande Guerre, où la violence est la caractéristique majeure, et la pandémie telle que nous l’avons vécue. Mais si on s’intéresse au temps tel que nous le ressentons et qui n’est pas uniforme, oui il y a une passerelle possible entre temps de guerre et temps de pandémie.

Un retour aux Années folles ?

Les Années folles ne sont les Années folles que parce qu’en arrière-plan il y a un deuil de masse dans la population européenne, le nombre de morts et leur jeunesse pèsent sur le vivant. Est-ce que nous allons vivre des Années folles ? Je ne sais pas, mais ce qui est certain c’est que nous ne reviendrons pas à la Belle Époque.

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Intervenants
  • historien spécialiste de la Grande guerre, professeur à l'Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales
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