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Onoda. 10 000 nuits dans la jungle

Arthur Harari : "L'histoire d'Onoda me parlait intimement dans son rapport à la réalité"

14 min
À retrouver dans l'émission

La réalisateur français revient pour un deuxième film ambitieux. "Onoda. 10 000 nuits dans la jungle" raconte la vie du dernier soldat de la Seconde Guerre mondiale, un lieutenant japonais qui résista sur une île des Philippines jusqu'en 1974.

Onoda. 10 000 nuits dans la jungle
Onoda. 10 000 nuits dans la jungle Crédits : Le Pacte

Après Diamant Noir, Arthur Harari revient dans un film d'un autre genre. Entre le film de guerre et la robinsonnade, Onoda. 10 000 nuits dans la jungle reprend l'histoire vraie du lieutenant Onoda qui résista contre les Américains sur une île dans les Philippines, jusqu'en 1974.

Dernier soldat de la Seconde Guerre mondiale, Onoda est un Don Quichotte d'un genre nouveau, refusant de se rendre pour accomplir son unique mission : ne pas mourir. Pendant trente ans il survivra dans la nature, se cachant d'un ennemi imaginaire en bon héros de l'absurde. Fort de sa mission honorable et de ses idéaux, il embarque ses compagnons dans son déni. 

Tourné au Cambodge, avec des acteurs japonais et un scénario entièrement traduit, Onoda est une prouesse technique, fruit d'un long travail dont Arthur Harari nous parle ce matin. 

La genèse d'un film

Arthur Harari raconte avoir eu envie de faire un film d'aventure, jusqu'à ce que son père lui parle du soldat Onoda. 

L’envie d’en faire un film a été quasi immédiate. C’est une histoire qui frappe, puis il y avait cette photo de Onoda prise en 1944. C’est quelqu’un qui n’a pas été pris en photo entre 1944 et 1974 et mon intérêt a été immédiat. Je n’ai lu qu’un livre écrit par un Français : « Onoda trente ans seul en  guerre » de Gérard Chenu et Bernard Cendron. Puis j’ai rencontré l’un des deux, qui m’a ouvert ses archives. Je n’ai pas tellement lu plus que ça, car le livre était précis et les faits parlaient d’eux-mêmes. Puis j’ai lu le livre qu’Onoda a écrit, et qui a été traduit en français l’année dernière.

La richesse intérieure de l’histoire, le vertige qui nous prend en lisant n’a fait que confirmer mon envie de raconter l’histoire. Pas parce que c’était un sujet sur la guerre, l’idéologie, le Japon, le jusqu’au boutisme, mais parce que ça me parlait intimement dans son rapport à la réalité. 

Le refus de mourir

Le soldat Onoda est repéré par son formateur, après avoir échoué à devenir pilote, refusant de devenir kamikaze. Sa répugnance à mourir est vue comme une force grâce à laquelle il aura un destin à part. Onoda sera alors formé pour avoir pour unique mission de ne pas mourir. 

Je voulais que le mouvement du film ne soit pas uniquement dans un ordre donné, une forme de simplisme, de lecture très transparente de la réalité. Je pense que parce qu’Onoda est le seul qui reste aussi longtemps, c’est qu’il a entendu quelque chose que lui seul a compris. Il avait envie de croire plus longtemps que les autres, que la guerre n’était pas finie, que le Japon était vainqueur.

Onoda a eu plusieurs fois l’occasion d’accepter, on lui a apporté l’information à de multiples reprises et il les a refusées systématiquement. C’est aussi l’histoire d’un refus. 

Au début du film, Onoda est accompagné de trois autres compagnons qui disparaîtront au fil des années. Il ne restera finalement que deux ans entièrement seul dans la jungle. 

Au bout d’un moment tout vient de l’ordre du mental. Il recrée la guerre, la réinvente et c’est plus simple de résister quand il y a quelqu’un d’autre, que quand on est seul. Le film est un dépouillement vers la solitude et la question est comment continuer à faire corps avec lui à l’accompagner au delà du raisonnable. 

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