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Exposition interactive "Brain - wider than the sky", à la Fondation Calouste Gulbenkian en 2019 à Lisbonne, Portugal.

Cerveau et environnement : une relation plastique et durable. Avec Sonia Garel.

26 min
À retrouver dans l'émission

La neurobiologiste Sonia Garel travaille sur ce qui est difficile à voir : le cerveau, le développement pré-natal et les connexions qui existent entre notre cerveau et notre système immunitaire.

Exposition interactive "Brain - wider than the sky", à la Fondation Calouste Gulbenkian en 2019 à Lisbonne, Portugal.
Exposition interactive "Brain - wider than the sky", à la Fondation Calouste Gulbenkian en 2019 à Lisbonne, Portugal. Crédits : Horacio Villalobos - Getty

Ses recherches précises sont trop complexes pour le néophyte, mais son champ de travail est fascinant. Elle participe à l’accélération récente du développement des connaissances autour du cerveau. Les découvertes qui s’accumulent nous indiquent que le contenu de notre boîte crânienne n’est pas complètement le siège d’un esprit transcendant, ni vraiment un ordinateur indépendant. Non, notre cerveau est bien relié au reste de notre corps, ainsi qu’à notre environnement. Sonia Garel a une ligne directrice : « placer l’étude du cerveau dans le contexte du corps et de la dynamique des vies ».

Les recherches de Sonia Garel sur les interactions neuro-immunitaires, forcément, suscitent de l’espoir, notamment une meilleure appréhension d’affections neurologiques comme la maladie d’Alzheimer. Elles sont suffisamment importantes pour que le Collège de France décide de créer une chaire Neurobiologie et immunité dont Garel est titulaire. Elle donne sa leçon inaugurale ce 4 mars. 

Les effets du covid sur le cerveau

Il y a de plus en plus de données qui montrent que les patients atteints de covid court et covid longs peuvent dans certains cas avoir des affections, des problèmes cérébraux, cognitifs ou autres. Donc, on est encore au début des recherches, on ne sait pas exactement ce qui se passe, mais un virus peut atteindre les fonctions cérébrales. Finalement, de deux manières. La première : rentrer directement dans le cerveau et l'atteindre. Il y a des exemples, on peut penser à la méningite.

La deuxième manière, c'est que la réponse immunitaire inflammatoire face à une infection va indirectement affecter les fonctions cérébrales. Par exemple, il y a quelque chose qu'on appelle le comportement de maladie, c'est-à-dire un ensemble de réactions comportementales, quand on a une forte infection ou inflammation. D'ailleurs, on dit de quelqu'un qu'il est malade et on voit très bien l'état que ça décrit un état apathique, on bouge peu, on est un peu mou, dépressif. Il y a d'ailleurs des points communs moléculaires avec l'état dépressif. C'est l'illustration du fait que le système immunitaire ou la réponse inflammatoire agit directement sur notre réponse comportementale et les fonctions cérébrales. 

Les liens entre les intestins et le cerveau

C'est un domaine de recherche qui émerge beaucoup. On observe un lien direct qui est nerveux aussi parce qu'on a des nerfs, notamment dans le nerf vague qui relie les intestins directement au cerveau. Donc, il y a des interactions purement nerveuses entre les intestins et le cerveau. Mais il y a aussi tout un dialogue systémique entre des choses qui sont dans notre intestin, le système immunitaire associé à l'intestin et les fonctions cérébrales.

La douleur au ventre atteint notre état psychique. Elle est associée à une réponse nerveuse et parfois immunitaire. Donc il y a vraiment des interactions croisées qui sont difficiles à démêler. En ce qui concerne le microbiote et notre intestin, il y a beaucoup de choses qui rentrent en jeu et on commence à démêler tout ça. C'est ce qui est intéressant et fascinant. On arrive à un moment où toutes les connaissances qu'on a sur le système immunitaire, sur le système nerveux, sur le cerveau, sur l'interaction avec le monde microbien, nous permettent de commencer à démêler, construire un raisonnement logique, rationnel, scientifique, pour aborder des interactions qui ont été jusqu'à présent peu étudiées.

Intervenants
  • neurobiologiste, directrice de l’équipe “Développement et plasticité du cerveau” à l’institut de biologie de l’École normale supérieure à Paris
L'équipe
Production
Réalisation
Production déléguée
Avec la collaboration de

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