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De la fumée en provenance de l'incendie baptisé "Bobcat Fire" dans la ville de Monrovia, Californie le 16 septembre 2020

Crise écologique : combattre le feu par le feu, avec Baptiste Morizot et Mélanie Rochoux

37 min
À retrouver dans l'émission

D’après les services météorologiques américains, les fumées qui se dégagent des incendies qui ravagent actuellement l'Ouest des Etats-Unis sont désormais visibles en Europe, notamment en France et en Angleterre. Alors comment combattre les méga-feux et la crise écologique que nous traversons ?

De la fumée en provenance de l'incendie baptisé "Bobcat Fire" dans la ville de Monrovia, Californie le 16 septembre 2020
De la fumée en provenance de l'incendie baptisé "Bobcat Fire" dans la ville de Monrovia, Californie le 16 septembre 2020 Crédits : Ringo CHIU - AFP

L’organisation des Nations-Unies a publié en début de semaine un nouveau rapport soulignant les liens entre la « perte sans précédent de biodiversité » et la propagation des maladies comme le Covid-19. Un énième constat des ravages de la crise environnementale dont nous serions les témoins impuissants. 

Alors comment lutter contre ce sentiment d’impuissance face à la crise écologique ? Quelles sont les solutions à l’échelle locale ? N’est-ce pas notre logiciel philosophique sur "la nature" qu’il convient de repenser entièrement pour mieux agir ? 

Pour en parler, nous recevons ce matin, Baptiste Morizot, écrivain et maître de conférences en philosophie à l’université d’Aix-Marseille. Son dernier essai Raviver les braises du vivant publié aux éditions Actes Sud sort ce mercredi 16 septembre en librairie. Il sera rejoint en deuxième partie par Mélanie Rochoux, chercheuse au Cerfacs (Centre européen de recherche et de formation avancée en calcul scientifique), spécialisée sur la simulation du comportement des incendies de forêt.

Baptiste Morizot : 

"Historiquement, l'une des raisons pour lesquelles nous ne sommes pas concernés par l'état de la nature est que nous héritons d'une manière de penser dualiste,  dans laquelle la "nature" c'est ce qu'il y a dehors, loin de nous, et ce qui est important c'est le monde humain, objet de toutes les attentions politiques. Et conséquemment, le fait d'appeler "nature" ce qu'on entend défendre pour répondre à la crise écologique, c'est une manière de ne pas mettre cette nature au centre de l'agenda des priorités."

L'originalité des projets forestiers en libre évolution, dans lesquelles se déploient les dynamiques du vivant sans forçage humain, c'est qu'ils passent par l'acquisition foncière, avec cette idée très intrigante que pour protéger quelque chose, on va s'emparer du droit de propriété, dont on sait qu'il sert à exploiter les milieux, à les détériorer et l'idée c'est d'inverser la puissance de ce droit : si la propriété permet d'exploiter des milieux jusqu'à les détruire, elle permet aussi de les protéger.

"Les associations comme l'ASPAS (Association pour la protection des animaux sauvages) cherchent des leviers, ils cherchent des moyens d'agir dans un monde qui nous répète et nous apprend un sentiment d'impuissance colossale sur les questions écologiques. A beaucoup d'égards, je trouve que la libre évolution est un bricolage brillant. En tant que philosophe je suis formé à reconnaître le moment où des idées hétérogènes, venant d'endroits différents, se rencontrent en un point opérationnel pour, littéralement, soulever le monde. C'est la définition même du levier : produire des effets disproportionnés à ce à quoi ressemblaient ces idées."

Mélanie Rochoux : 

"Ce qui est frappant c'est que ces événements extrêmes se répètent ces dernières années.  Ce sont aussi ces images des panaches, des polluants, des aérosols émis qui font le tour du monde. On a vu qu'en Europe, on était capable de détecter les particules qui sont émises dans ces feux dans l'Ouest américain."

Pour la fumée qui reste proche de la surface atmosphérique, on observe avant tout une dégradation de la qualité de l'air au niveau des régions touchées dans l'Ouest américain. On conseille aux gens les plus vulnérables de rester à l'intérieur. Ce qui est aussi très impressionnant, c'est que maintenant les feux ont la puissance de monter très haut en altitude, jusqu'à 17 kilomètres d'altitude récemment, et pénètrent la stratosphère et donc par ce biais, les fumées font le tour du monde. On peut comparer cela à une petite éruption volcanique où les cendres peuvent atteindre tout le globe.

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Intervenants
  • écrivain, philosophe et pisteur, maître de conférences à l’Université Aix-Marseille.
  • Chercheure au Centre Européen de Recherche Avancée en Calculs Scientifiques (CERFACS)
L'équipe
Production
Réalisation
Production déléguée
Avec la collaboration de
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