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Manifestation à Paris le 24 janvier 2020.

Dette : de la question économique au débat politique. Avec Laurence Scialom et Natacha Valla.

45 min
À retrouver dans l'émission

Éclairages sur la dette publique, le mot qui divise, et qui va rythmer le débat public ces prochains mois.

Manifestation à Paris le 24 janvier 2020.
Manifestation à Paris le 24 janvier 2020. Crédits : STEPHANE DE SAKUTIN - AFP

C’est un sujet qui s’installe dans le débat public et qui pourrait devenir une thématique de la prochaine élection présidentielle : la dette publique. Cette dernière a en effet explosé avec la pandémie.

Une centaine d’économistes européens, parmi lesquels des noms fameux, comme celui de Thomas Piketty, ont appelé récemment à une annulation de la dette publique, au moins la part contractée dans le cadre de la pandémie de Covid-19. L’idée suscite enthousiasmes et levées de boucliers, elle divise gauche et droite, économistes « orthodoxes » et « hétérodoxes ».

Deux économistes, Natacha Valla et Laurence Scialom, aux vues diamétralement opposées sur plusieurs points discutent de ce sujet épineux. Et se retrouvent sur un point : quelles que soient les méthodes empruntées à l’avenir, l’investissement public permis par l’emprunt doit massivement favoriser la transition écologique.

Pourquoi s'endetter ? 

La dette publique a augmenté fortement dans toutes les économies avancées. En France le ratio de dette sur le PIB va se stabiliser autour de 120%. C’est beaucoup plus que l’Allemagne et moins qu’au Japon. (Natacha Valla)

Il ne faut pas stigmatiser un comportement d’endettement formulé dans une période de crise. L’ensemble des économistes s’accordent à dire qu’il fallait dépenser sans compter pour que le choc n’affaiblisse pas trop les économies et les systèmes en place. (Natacha Valla)

Il faut faire en sorte qu’au sortir de la crise on soit capable de générer de la croissance économique qui va réduire ce ratio et réduire les dégâts. (Natacha Valla)

Les risques de la dette

Il est très important que les États continuent à s’endetter et il est indispensable qu’ils s’endettent massivement pour atténuer le choc de la pandémie. Le risque est qu’ils veuillent trop rapidement réduire la dette sans que la croissance ne suive. Il n’y aurait rien de pire que cette situation et nous ferions alors face à deux crises majeures. (Laurence Scialom)

La première crise serait celle induite par des pressions déflationnistes excessivement fortes, c’est à dire le risque d’avoir des prix qui baissent à la place de l’inflation. On sait lutter contre l’inflation mais pas contre la déflation. Actuellement la dette privée est très forte et on a un vrai risque de déflation. (Laurence Scialom)

La deuxième crise est écologique car les plans de relance actuels ne sont pas calibrés pour soutenir la transition énergétique. (Laurence Scialom)

Une dette au service de la transition énergétique

Les dettes sont soutenables il n’y a aucun doute, mais il faut faire attention à ce que l’on fait de l’argent dépensé. Retrouver une croissance avec l’économie d’hier serait une erreur massive car on ne sait pas décorréler la croissance avec les émissions de gaz à effet de serre. (Laurence Scialom)

Il faut investir pour l’économie de demain, pour la transition environnementale : mobilité douce, agriculture non dépendante des pesticides, l’éducation, la recherche et la santé. (Laurence Scialom

Il aurait fallu poser des conditions aux entreprises pour les appeler à réduire la voilure énergétique et réussir la transition écologique. (Laurence Scialom)

Faut-il annuler la dette ? 

L’urgence est de ne rien faire - au lieu de vouloir annuler la dette. Pour la dette française il y a 25% du stock détenu par la banque centrale qui émet la monnaie. (Natacha Valla)

Si on décidait d’annuler une partie de la dette au bilan de la banque centrale, il en reste 75% dont 25% détenus par des assurances, banques et fonds de pension. Ces investisseurs internationaux vont demander une rétribution plus importante. (Natacha Valla)

On joue avec le feu : il ne faut pas oublier qu’on a émis de la monnaie. Une des conditions à la créations de l’euro était de se dire que jamais on n’utilisera la planche à billet pour faire de la dépense publique c’est à dire créer de la monnaie. La stabilité de l’euro est en jeu. (Natacha Valla)

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Bibliographie

Intervenants
  • Professeur à l'Université Paris Ouest Nanterre La Défense
  • Doyenne de l'École du management et de l'innovation à Sciences Po, ancienne directrice générale adjointe chargée de la politique monétaire à la Banque centrale européenne
L'équipe
Production
Réalisation
Production déléguée
Avec la collaboration de
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