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Photo datée d'avril 1944 des enfants juifs du foyer des enfants d'Izieu peu avant leur déportation vers les camps de la mort le 6 avril 1944.

Documenter la Shoah : donner des voix à l'indicible. Avec William Karel et Sophie-Aude Picon

37 min
À retrouver dans l'émission

Comment transmettre la réalité des camps ? La question n'a cessé de hanter les survivants, les intellectuels. Et aujourd'hui, comment enseigner la Shoah alors que les témoins disparaissent ? Le documentariste William Karel utilise un procédé inédit pour créer une oeuvre centrée sur le témoignage.

Photo datée d'avril 1944 des enfants juifs du foyer des enfants d'Izieu peu avant leur déportation vers les camps de la mort le 6 avril 1944.
Photo datée d'avril 1944 des enfants juifs du foyer des enfants d'Izieu peu avant leur déportation vers les camps de la mort le 6 avril 1944. Crédits : HO - AFP

William Karel a, tout au long de sa vie et de son travail sur ses films, rassemblé des documents, des lettres, des témoignages de la Shoah. Dans "La Diaspora des cendres", une œuvre radiophonique inédite, il croise et confronte les récits et donne à entendre, à travers les mots de ceux qui l’ont vécu, ces terribles heures de l’Histoire : des lois de Nuremberg de 1935 à la fin de la guerre et la libération des camps en 1945.

Travailler avec des voix sans image

En 30 ans de carrière et 15 films consacrés à la Shoah, William Karel a récolté des carnets, récupéré des lettres jetées sur les voies des trains partant vers les camps. 

Je me suis dit qu'on pouvait raconter une histoire uniquement avec ces textes. Je voulais les raconter pour la première fois sans historien, sans témoin, sans commentaire et sans archive. William Karel

C’était compliqué de s’emparer de ces textes et pour les comédiens de faire entendre ces voix. Il y a l’émotion et le rythme à prendre en compte. Les auteurs de ces lettres sont annoncés à la fin de ces mots, ces fragments. On a beaucoup réfléchi sur comment signer les textes qui ne l’était pas. Beaucoup de textes étaient signés « anonyme » mais c’est un terme froid, on a préféré "auteur non identifié » pour montrer qu'on a cherché à savoir qui ils étaient. Sophie-Aude Picon

La voix des bourreaux et des victimes

William Karel a longtemps travaillé sur la question de la destruction des Juifs d’Europe. Dans un procédé inédit, le documentariste et la réalisatrice Sophie-Aude Picon mêlent les voix des victimes et celles des bourreaux.

Ce n'était pas simple d'avoir cette dramaturgie-là, de passer de la parole des victimes à celle des bourreaux. Je pense aussi que cela permet de déplacer l’écoute à chaque fois, à mesure qu’on écoute, on construit son point de vue avant de savoir qui parle. Sophie-Aude Picon

On a voulu lire ces textes comme un rapport d’autopsie car il y a des textes très durs comme la description des chambre à gaz, qui pouvaient engendrer un trop plein d’émotion. William Karel

Il y a des grands noms qui sont lus, Jorge Semprun, Simone Weil, Ginette Kolinka, ... On les découvre après avoir entendu leur parole, ça rend l’écoute active. On se demande qui parle, d’où il parle. Sophie-Aude Picon

La lutte contre le négationnisme

Le documentariste insiste sur son ambition d'universaliser la Shoah, que cet évènement ne reste pas qu'une histoire des Juifs, en insistant sur la clarté et la pédagogie dans ses documentaires.

Cette vigilance il faut l’avoir en permanence, être à l’affût de chaque mot, chaque texte. Par exemple, la plupart des journaux de télévision se trompent en parlant d’Auschwitz comme un camp de concentration alors que c’est un camp d’extermination de mise à mort. William Karel

Il faut faire attention au négationnisme sur internet et je ne parle même pas de Dieudonné ou du rappeur Freeze Corleone qui vend des milliers d’albums avec un titre « Rien à foutre de la Shoah ». William Karel

Notre rôle est aussi, d'une certaine manière, de parler à leur place. Réunir ces mots, pour les faire entendre. En partageant ces histoires, en s’écoutant et en entendant ces bribes d'humanité, des victimes et des bourreaux, c’est ainsi qu'on devient profondément humain. Sophie-Aude Picon

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