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Laurence Boone lors d'une conférence de presse pour présenter les dernières perspectives économiques au siège de l'OCDE à Paris, le 21 novembre 2018.

Économie mondiale : les clés et les risques de la sortie de crise. Avec Laurence Boone

41 min
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Les titres annonçant une reprise forte de l'économie s'accumulent dans la presse, qu'en est-il en réalité ?

Laurence Boone lors d'une conférence de presse pour présenter les dernières perspectives économiques au siège de l'OCDE à Paris, le 21 novembre 2018.
Laurence Boone lors d'une conférence de presse pour présenter les dernières perspectives économiques au siège de l'OCDE à Paris, le 21 novembre 2018. Crédits : ERIC PIERMONT - AFP

Laurence Boone, est cheffe économiste de l’OCDE, ancienne conseillère du président de la République François Hollande.

Une reprise économique rapide mais inégale

Pour Laurence Boone, l'optimisme affiché, notamment dans les médias, quant à la reprise économique est représentatif de la période extraordinaire que nous traversons. Elle tend par ailleurs à nuancer les espoirs.

Entre les terrasses et le cinéma, effectivement une partie de l'activité est repartie. Mais tout ce qui reste fermé, comme les hôtels, et la persistance du sentiment d’anxiété chez certaines personnes, font que l’économie peut se rétracter.

C’est une reprise hors du commun.  Il y a d'abord le fait qu’avec les restrictions nos habitudes ont été contraintes. Et puis il y a des choses qu’on n’a plus envie de faire. La consommation de biens, machines à laver et voitures par exemple, explose et repart très vite. Mais les services n’ont pas pu repartir à la hausse. Vous ne pouvez pas faire de croisière sur Amazon par exemple.

Les facteurs qui soutiennent la reprise de l'économie sont l'accélération de la campagne de vaccination, mais aussi les filets de sécurité garantis par l'État.

Ce filet de protection est inédit dans toutes les histoires des crises. Couplé à une vaccination rapide, on peut espérer une reprise brutale et rapide de l’économie.

Les limites d'une reprise mondiale

La faiblesse de la reprise dans certains pays peut également avoir des répercussions sur les autres. Par exemple, Taïwan, qui est l'un des principaux producteurs de semi-conducteurs, fait aujourd'hui face à une nouvelle vague de l'épidémie, entraînant des pénuries dans les autres pays du monde.  

Plus les entreprises diversifient leurs sources d’approvisionnement, plus elles pourront faire face aux crises. Il ne faut pas avoir que Taïwan et la Corée pour se fournir en semi-conducteurs.

Il y a encore beaucoup de barrières issues de la gestion de la crise. Par exemple les bateaux conteneurs sont encore soumis à des contraintes sanitaires, les équipages doivent parfois se mettre en quarantaine. Aujourd’hui, ce qui compte c’est accélérer la vaccination et d'aider les pays émergents pour qu’ils puissent aussi reprendre une activité économique.

Vers une détérioration du niveau de vie ?

La généralisation du télétravail se serait accompagnée d'un nouvel exode vers les campagnes, également encouragé par le déploiement de la 5G et de la fibre. Une vision idyllique que Laurence Boone nuance en rappelant notamment que les emplois, les entreprises, les universités ou encore les services administratifs, se trouvent toujours en ville.

Quelle proportion de la population cela représente ? Le taux d’emploi des personnes qualifiées a augmenté pendant la crise, en revanche le taux d’emploi des peu et moyennement qualifiés a baissé. Donc la vision idyllique des personnes à la campagne et à Paris concerne une toute petite portion de la population.

Il y a donc un véritable de risque de détérioration du niveau de vie pour certaines personnes, d'autant que le télétravail et la délocalisation de certains bureaux risquent de supprimer des emplois liées à la restauration collective par exemple, ou encore dans les services de nettoyage. Pour Laurence Boone, il faut s'inquiéter des risques de chômage accru pour les personnes les moins qualifiées. 

C’est un vrai risque post-crise. Mais les personnes qui sont en entreprise ont toujours envie d’aller travailler, de retrouver leurs collègues. Cela va un peu changer mais on ne sera pas dans une révolution avec des délocalisations de bureaux. En revanche ce qui va changer, c’est le fossé numérique. La question est : est-ce que le numérique se substitue au travail ou est-ce qu’il aide à travailler ?

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