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Photographie prise dans une librairie parisienne

Economie : une rentrée sous le signe du covid ?

44 min
À retrouver dans l'émission

Comment rétablir la confiance pour les entreprises et les ménages ? Le plan de relance doit-il soutenir la demande ou bien favoriser l’offre ? Les mesures d’urgence prises au début de la crise sont-elles vouées à être pérennisée afin d’éviter des faillites en cascade ?

Photographie prise dans une librairie parisienne
Photographie prise dans une librairie parisienne Crédits : ALAIN JOCARD - AFP

« Le risque d’affaissement de l’économie française est très substanciel ». C’est ce qu’affirme l’économiste Jean Pisany-Ferry, dans un entretien paru hier dans le journal Les Echos. Alors que la présentation du plan de relance de 100 milliards d’euros devait avoir lieu ce mardi, le gouvernement a préféré se concentrer sur l’organisation de la rentrée dans un contexte de crise sanitaire de plus en plus préoccupant. Si à Matignon on affirme que le plan est prêt, la question est de savoir s’il saura contrer le risque de récession qui menace aujourd’hui l’économie française. Après un été marqué par un effet de rattrapage au niveau de la consommation et d’un léger rebond de la production industrielle, les signes d’essoufflement se font déjà ressentir. 

Pour nous parler de cette rentrée économique sous le signe de la Covid, nous recevons Eric Heyer, économiste, directeur du département Analyse et prévision de l'OFCE, l'Observatoire français des conjonctures économiques. Il sera rejoint par Dominique Schelcher, président de Système-U, avec qui il sera question de la consommation des ménages français.

Des solutions immédiates pour endiguer la crise 

" Il faut regarder dans une crise l’impact à court terme comme à moyen terme. Si on ne met pas tout de suite des éléments de soutien, il est possible que l'économie française perde en capacité en produire. " Eric Heyer

Par rapport à notre structure sectorielle, le poids du secteur du tourisme est extrêmement important, le poids du secteur des services également. Donc, nous sommes davantage impactés lorsque nous sommes un pays du sud de l’Europe. La France de ce point de vue là a été touchée. Pour ces raisons-là, il faut s’attendre à des statistiques pour la France un peu plus dégradé. Eric Heyer

Quels impacts sur les ménages et la productivité ? 

" Depuis le début de la crise économique, le coût pour l’économie française c’est 165 milliards d’euros. Les finances publiques ont pris 100 milliards d’euros à leur charge mais il reste 65 milliards à la charge du secteur privé. Une contribution des ménages à hauteur de 11 milliards et les entreprises qui ont perdu aux alentours de 54 milliards. Il y a un risque de faillite important lors de la rentrée qui arrive." Eric Heyer

Si les entreprises n’investissent plus, il n’y a plus de productivité. Sans productivité, il n’y a plus de croissance demain. C’est ici que l’État a un rôle indispensable. Il faut qu’il aille chercher cette épargne pour investir dans l’avenir avec la production de dette publique. Eric Heyer

La confiance pour relancer la consommation 

Le mot-clé pour déclencher la dépense de cette épargne, c'est la confiance. La France, c'est ça. Quand les gens ont confiance, ils dépensent, il consomme, ils ont confiance en l'avenir. La question clé pour moi dans les prochains temps, c'est auront-ils confiance en l'avenir. Dominique Schelcher

Nouveaux modes de consommation 

" La consommation s'est déportée un peu sur d'autres choses, plutôt sur l'équipement de la maison, parce que pendant six semaines, les gens ont été contraints de rester chez soi. Et donc, à la sortie du confinement, il y a eu un boom sur l'équipement de la maison. Et quand je regarde le hit-parade chez nous, donc numéro 1, l'électroménager et numéro 2, le vélo, nous n’avons jamais vendu autant de vélos qu’en ce moment." Dominique Schelcher

Il y a eu un coup d'arrêt complet aux dépenses festives pendant le confinement. Tout ça a été fortement réduit pendant le confinement parce que les gens ne se réunissaient plus. Et on voit qu'en France, il y a cette dimension de la convivialité qui est importante dans la consommation. Elle a redémarré un peu, mais on sent qu'on n'est pas au niveau encore habituel et on sent que les gens ne se réunissent pas encore comme avant. Dominique Schelcher

Du "sur mesure" pour une rentrée réussie : une solution crédible ? 

" Il va falloir maintenant faire du sur mesure et regarder quels sont les secteurs qui auraient dû avoir une demande et qui n'a pas eu cette demande là et qui ne l'aura pas. Ce sont ces secteurs là qu'il va falloir aider. Et là, bien sûr, on pense à l'hôtellerie, la restauration. On peut penser aussi au spectacle vivant." Eric Heyer

Le principal élément, c'est bien une chute d'activité à laquelle il va falloir répondre. Il y aura des licenciements qui seront liés à cette chute d'activité. Il faut, pour pas encore le perdre de vue et rappeler 20% de chute du PIB en l'espace d'un semestre. Ce n'est dû jamais vu. Il faut quand même rappeler que le plan du gouvernement de cibler uniquement sur les jeunes. Eh oui, je pense qu'il y a un risque. Mais attention à ne pas faire finalement dans cette file d'attente où le chômage est bas un coupe-circuit uniquement pour les moins de 26 ans. Parce qu'il faut penser au fait que tout le monde va être impacté. Eric Heyer

Vous pouvez (ré)écouter l'interview en intégralité en cliquant sur le player en haut à gauche de cette page.

Intervenants
  • économiste, directeur du département analyse et prévision à l'OFCE, enseignant à Sciences-Po, membre du Haut conseil aux finances publiques
  • Président de Système U
L'équipe
Production
Réalisation
Production déléguée
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