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Remise du rapport par l'historien Vincent Duclert à Emmanuel Macron, le 26 mars 2021.

Génocide des Tutsi : le rapport de la commission des historiens sur le Rwanda, avec Vincent Duclert

44 min
À retrouver dans l'émission

Le groupe de chercheurs sur le génocide des Tutsi au Rwanda, réuni par Emmanuel Macron pour étudier le rôle de la France, a remis son rapport au président ce vendredi 26 mars.

Remise du rapport par l'historien Vincent Duclert à Emmanuel Macron, le 26 mars 2021.
Remise du rapport par l'historien Vincent Duclert à Emmanuel Macron, le 26 mars 2021. Crédits : LUDOVIC MARIN - AFP

Plus de vingt ans après le génocide des Tutsi, qui a fait près d’un million de morts, un rapport officiel vient d'être remis président de la République. Il précise comment la France de François Mitterrand a soutenu de façon aveugle le régime rwandais dans cette entreprise de destruction. La commission conclut à « un ensemble de responsabilités, lourdes et accablantes », au sein de l’État français, tout en écartant l’idée d’une complicité de génocide.

Comment a travaillé la commission ? Un des grands tabou de la classe politique française est-il en train de tomber ? Si ce travail permet un tournant après des années de déni, des zones d’ombres persistent. 

Vincent Duclert, historien, chercheur titulaire à l'Ehess, auteur du rapport de 1225 pages (annexes comprises), "La France, le Rwanda et le génocide des Tutsi (1990-1994)".

Auteur notamment de “La France face au génocide des Arméniens”, Paris, Fayard, 2015 et “Camus, des pays de liberté”, Stock, 2020.

Un travail d'archiviste

Depuis trente ans, le débat sur le génocide est terrible, plein de mensonges, de passions. Les services de l’État ont joué le jeu, nous avons eu accès à toutes les archives possibles. Je sais que la défiance envers les institutions est forte mais je tiens à attester que nous avons travaillé avec du soutien et de l’indépendance. Dans le rapport, nous le disons : certaines archives n’ont pas été retrouvées. Celles de Jean-Christophe Mitterrand par exemple, ainsi que celles de l’état-major où se concentrent beaucoup d’irrégularités.

Cécité volontaire

Des journalistes sont présents lors de l’opération Amaryllis. Les instructions données au commandant de l’opération, sont d’éviter que les journalistes ne voient des massacres et des corps. Aujourd’hui on se demande : pourquoi ces forces spéciales ne reçoivent pas l’ordre d’empêcher les massacres ? Et là c’est terrible : on est passé à un doigt d’éviter un génocide

Certains alertent

Sur le génocide des Tutsis, des connaisseurs tirent très tôt la sonnette d’alarme. L’historien Jean-Pierre Chrétien écrit un article dès le début des massacres, intitulé « Un nazisme tropical ». 

Des personnes incarnent l’honneur de la France. C’est le cas du ministre Pierre Joxe. De manière courageuse, il envoie des notes claires, qui ne sont pas toujours transmises. Une d’entre elles, sur la gestion de crise par exemple, demande d’arrêter les ordres à la voix et tout ce qui fait que les militaires sont dans une situation terrible.

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Intervenants
  • historien, chercheur titulaire à l'Ehess, inspecteur général de l'Education nationale, professeur associé à Sciences-Po.
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