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Frédérique Vidal, ministre de l'Enseignement supérieur

Islamo-gauchisme : entre opportunisme politique et débat scientifique. Avec Alain Policar et Sylvain Bourmeau.

46 min
À retrouver dans l'émission

« L’islamo-gauchisme », le gros mot, le néologisme de Pandore ; il agite la classe politique et le monde intellectuel depuis que la ministre de l’enseignement supérieur Frédéric Vidal a demandé une enquête sur sa dissémination dans les universités.

Frédérique Vidal, ministre de l'Enseignement supérieur
Frédérique Vidal, ministre de l'Enseignement supérieur Crédits : THOMAS COEX - AFP

En demandant une enquête sur l’islamo-gauchisme à l’université, la ministre de l’enseignement supérieur Frédérique Vidal a suscité un tollé dans les rangs des chercheurs et des enseignants et (ré-)ouvert la boîte de Pandore.  Que recouvre ce néologisme polémique, tout à coup légitimé par son usage ministériel ? Un « fait social indubitable » comme l’assure le ministre de l’Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, ou un « thème complotiste » comme le disent des centaines de chercheurs et enseignants dans une tribune ?  

La controverse, en tout cas, se déplie et n’en finit pas de faire réagir. Elle pose la question grave des libertés académiques et remet sur la table le sujet de la pertinence des études postcoloniales. Dans les cercles universitaires et dans l’arène politique, on s’accuse maintenant du pire: les uns feraient le lit d’un islamisme conquérant, les autres ouvriraient un boulevard à l’extrême-droite. 

Avec nous pour en parler, Sylvain Bourmeau, journaliste, fondateur et directeur de la revue AOC et Alain Policar, chercheur associé au Cevipof, auteur de “L’inquiétante familiarité de la race - Décolonialisme, intersectionnalité et universalisme” (Le bord de l’eau).

Les origines du terme "islamo-gauchisme"

L'histoire de ce concept n'est pas très longue, mais généralement, on dit qu'elle commence en 2002 dans le livre de Taguieff sur la nouvelle judéophobie. En réalité, on trouve l'idée, sinon le terme, dans l'ouvrage de Chriss Hardman, un militant trotskiste anglais qui s'appelle "Le prophète et le prolétariat", dans lequel il évoque la possibilité d'une alliance entre les musulmans et les forces de gauche. Alain Policar

D'ailleurs, l'ambiguïté est déjà présente puisque quand on parle d'islamo-gauchisme, on ne sait pas si le mot important est "islamisme" ou "islam". La confusion entre les deux termes est un des points sur lesquels il nous faudra certainement réfléchir. Alain Policar

Quel sens a-t-il aujourd'hui dans la bouche de Frédéric Vidal ? C'est une question qu'on peut se poser, mais visiblement, c'est un terme qui vise à attiser la confusion entre l'islam en général et l'islamisme vécu comme très proche du terrorisme. Alain Policar

Quels usages derrière ce mot ?

Le problème aujourd'hui, c'est plutôt les usages de ce mot. [...] Selon une enquête du CNRS, l'usage de ce mot sur Twitter est extraordinairement marginal. C'est 0,02% des centaines de millions de tweets analysés. Sylvain Bourmeau

La deuxième chose, c'est que ce mot est systématiquement lié à des comptes d'extrême droite. C'est à dire que l'extrême droite a essayé de mettre ce mot dans l'agenda politique. Sylvain Bourmeau

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Intervenants
  • Sociologue, chercheur associé au Centre de recherches politiques de Sciences Po (Cevipof).
  • Journaliste, professeur associé à l'Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales et directeur du journal AOC et producteur de l'émission "La Suite dans les idées" sur France Culture
L'équipe
Production
Réalisation
Production déléguée
Avec la collaboration de

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