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Les street artist Zag et Sia posent devant leur graffiti (Paris, 2016)

Le séparatisme, un nouvel universalisme ? Avec Louis-Georges Tin

19 min
À retrouver dans l'émission

C’est le serpent de mer du quinquennat.

Les street artist Zag et Sia posent devant leur graffiti (Paris, 2016)
Les street artist Zag et Sia posent devant leur graffiti (Paris, 2016) Crédits : Joël Saget - AFP

On ne l’attendait plus. Maintes fois annoncé puis reporté, le discours d’Emmanuel Macron sur le séparatisme aura finalement lieu ce vendredi matin. Le président de la République a choisi la ville des Mureaux, une banlieue populaire du nord-ouest de l’Île-de-France, pour donner ce discours qui devrait comporter de nouvelles mesures de luttes contre l'islam radical.

Alors qu’est-ce que le « séparatisme » selon Emmanuel Macron ? Pourquoi le gouvernement souhaite-t-il cristalliser le débat autour des valeurs de la République alors que l'horizon du quinquennat approche ? Le séparatisme est-il un nouvel universalisme ?

Pour en parler ce matin, nous recevons Louis-Georges Tin, ancien président d’honneur du Conseil représentatif des associations noires, le CRAN, à l’occasion de la sortie de son dernier livre Les impostures de l’universalisme, qui paraîtra le 7 octobre prochain aux éditions textuel.

Pour écouter la deuxième partie de l'émission avec la comédienne Dominique Blanc, suivez le lien suivant.

Louis-Georges Tin : 

"Nous appartenons tous à plusieurs groupes sociaux. Personne n'est une entité unique. On appartient à un genre, à une catégorie socioprofessionnelle, à une classe d'âge, à une religion ou pas, à un parti politique ou pas, à des sensibilités… Donc, nous avons tous des identités multiples. Simplement, les universalistes en général ne sont pas des universalistes, mais des "uniformalistes", c'est-à-dire des gens qui s'érigent en modèles. L'universel, c'est moi. Donc je suis un homme en général blanc, catholique, bourgeois, riche et j'érige des normes qui sont des normes personnelles de manière hégémonique, en disant l'universel, c'est ça, c'est à dire c'est moi."

Pourquoi faire une loi pour régler ces questions? Peut être que c'est par l'éducation qu'il faut travailler. En tout cas, moi, je suis athée, je n'ai pas de familiarité connue avec l'islam, encore moins l'islam radical que j'ai souvent combattu d'ailleurs dans mon combat contre l'homophobie. Mais je pense qu'il faut faire attention aux mots dans un contexte où l'on parle d'ensauvagement. Autrefois, les sauvages, c'étaient les Noirs ou les Arabes. Dans ce contexte où l'on nous parle en effet de séparatisme, je me rappelle quand même que ces mots autrefois ont été utilisés dans un contexte colonial. Aimé-Césaire, à l'époque, avait été désigné par le général de Gaulle comme un séparatiste. Et je me dis que si Aimé Césaire était vivant aujourd'hui, peut-être qu'avec cette nouvelle loi, il tomberait sous le coup de la loi. Et au lieu d'avoir sa plaque au Panthéon, il serait peut être en prison. 

"Si on veut vraiment parler du séparatisme, pourquoi pas ? A ce moment là, il faut prendre les choses à bras le corps. Les personnes discriminées sont séparées du corps social, que ce soit le sexisme, l'homophobie, le racisme, les discriminations liées aux origines, y compris les provinces. Le mot province vient du latin "vincere", donc ce sont les vaincus. Beaucoup de provinciaux, à juste titre, se sentent mis à l'écart ou pas respectés. De même, le premier ministre a un accent du sud et moqué. C'est ça le séparatisme, si on veut bien s'y attacher, on lutte contre les discriminations. Or, là, on va s'attacher à désigner les discriminés comme étant responsables de leur propre discrimination. "

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Intervenants
  • Ancien Président d’honneur du Conseil représentatif des associations noires, le CRAN
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