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Une unité de soin intensif "Covid" à Strasbourg le 28 juillet dernier

Les défis de la quatrième vague. Avec Karine Lacombe

30 min
À retrouver dans l'émission

Bien que la couverture vaccinale s'élargisse, l'Institut Pasteur prévoit pour septembre le pic de la quatrième vague de Covid-19. Bilan et projection avec l'infectiologue Karine Lacombe.

Une unité de soin intensif "Covid" à Strasbourg le 28 juillet dernier
Une unité de soin intensif "Covid" à Strasbourg le 28 juillet dernier Crédits : FREDERICK FLORIN - AFP

La reprise de l'épidémie en Outre-mer est sans appel : le préfet de la Martinique a annoncé, mercredi 28 juillet, un nouveau confinement pour une durée d'au moins trois semaines. En Guadeloupe, face à la progression fulgurante des contaminations, l'état d'urgence sanitaire a été instauré et depuis mercredi, un couvre-feu est établi de 21 heures à 5 heures du matin. 

En métropole, l'Institut Pasteur a publié le 26 juillet un rapport sur l'impact de l'accélération de la vaccination sur l'épidémie du variant Delta. Dans la majorité des scénarios, le pic de l'épidémie est prévu pour septembre, avec une pression sur le système hospitalier qui pourrait advenir dès août selon les scénarios les plus pessimistes. 

Alors que la vaccination des adolescents progresse depuis mi-juin et l'allocution d'Emmanuel Macron et que l'extension du passe sanitaire augmente de fait la couverture vaccinale de la population, nous faisons un point global de la situation sanitaire avec Karine Lacombe, infectiologue et cheffe de service des maladies infectieuses à l'hôpital Saint-Antoine à Paris.

Course contre la montre

À l'hôpital hier, 7.840 malades du Covid-19, dont 1.232 en soins critiques, contre moins de mille il y a huit jours. Malgré cette tendance croissante, l'accélération de la campagne vaccinale commence à se faire ressentir, avec plus de 53 % de la population entièrement vaccinés. Un sursaut soulageant selon Karine Lacombe, pour qui le nombre stable de cas sévères serait lié à la vaccination. 

En ce qui concerne le Covid aigu, le tableau clinique n'a pas tellement changé en un an. On arrive toujours avec des symptômes d'infections pulmonaires et, dans une proportion non négligeable, on va devenir oxygéno-dépendant, passer en réanimation. Karine Lacombe

La prise en charge s'est tout de même améliorée, c'est-à-dire qu'on utilise très rapidement des corticoïdes, qui vont diminuer l'inflammation locale au niveau des poumons et, dans 20 % des cas, permettre de diminuer la mortalité, ce qui est quand même un vrai acquis en termes d'efficacité clinique. Karine Lacombe

La vaccination est actuellement la variable déterminante pour les patients de Covid-19 à l'hôpital : 

Les personnes qui arrivent à l'hôpital sont essentiellement non-vaccinées ou vaccinées de façon incomplète. Les personnes vaccinées qui arrivent à l'hôpital sont des personnes fragiles, qui, malgré la vaccination, n'ont pas monté de défenses immunitaires efficaces. Karine Lacombe

L'ordre des médecins, dans un communiqué publié hier, a garanti que le passe sanitaire ne limiterait en aucun cas l'accès aux soins des non-vaccinés.

N'importe qui, quel que soit son statut vaccinal, qu'il ait le pass sanitaire ou pas, doit bénéficier des soins dont il a besoin pour son état de santé. Donc, nous nous opposerons bien sûr à ce qu'il y ait une limitation de l'accès aux soins si on n'a pas le pass vaccinal. Karine Lacombe

Hésitants et opposants au vaccin

Le gouvernement français vise une couverture vaccinale de 90 % de la population. 78 % de la population adulte française est déjà primo-vaccinée.

On voit bien que l'adhésion vaccinale est quand même majoritaire. On parle beaucoup de cette majorité silencieuse, mais il faut souligner que c'est une très grosse majorité. Karine Lacombe

Les derniers mètres du défi vaccinal nécessitent plus d'engagement des communautés :

Chacun appartient peu ou prou à une communauté, à un groupe religieux pour ceux qui pratiquent une religion. Ça peut être le milieu professionnel. Ça peut être les milieux associatifs. Je pense qu'il faut s'appuyer sur ces ressorts là, c'est-à-dire qu'il faut que ce soient les responsables de ces communautés sportives, religieuses, etc. qui aillent prêcher quelque part la bonne parole. Karine Lacombe

Si on prend ce qui s'est passé en Israël, certaines communautés de juifs ultra-orthodoxes étaient extrêmement opposées à la vaccination, et ce sont les rabbins qui sont allés et qui ont fait ce travail de terrain que nous, les scientifiques, en dehors d'expliquer scientifiquement les faits qui appuient la vaccination, on ne peut pas faire. Karine Lacombe

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Intervenants
  • infectiologue et cheffe de service des maladies infectieuses à l'hôpital Saint-Antoine à Paris
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