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L’illibéralisme face aux valeurs démocratiques. Patrick Buisson et Marlène Schiappa sont les invités des Matins

45 min
À retrouver dans l'émission

La droite réactionnaire semble peser toujours plus dans le débat d'idées. Patrick Buisson, fervent partisan de la bataille culturelle, assume sa ligne politique et engage la polémique. La ministre déléguée auprès du ministre de l'Intérieur Marlène Schiappa lui répond.

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. Crédits : AFP

La société française et ses valeurs ont-elles été détruites par la modernité ? C’est la thèse de « La fin du monde », livre publié chez Albin Michel, dans lequel Patrick Buisson assure que la France catholique et paysanne s’est désagrégée au profit du libéralisme social et économique.

Du concile Vatican II en 1965 aux événements de Mai 68, Patrick Buisson fait l'éloge d’une France forte de valeurs chrétiennes, patriarcales et communautaires, et se désole de les voir progressivement mises à mal pêle-mêle par la modernité, le féminisme ou la technologie. 

Une condamnation du progrès social qui a parcouru la deuxième moitié du XXe siècle, de l’élévation du niveau de vie des Français, aux avancées du droit des femmes, à laquelle Marlène Schiappa répond en deuxième partie d’émission.   

Patrick Buisson est historien, politologue, ancien conseiller de Nicolas Sarkozy. Auteur de “La Fin d'un monde” (Albin Michel, 2021) et “La cause du peuple” (Perrin, 2016.) 

Marlène Schiappa est Ministre déléguée auprès du ministre de l'Intérieur de France, chargée de la Citoyenneté. Candidate LREM aux élections régionales en Île-de-France.

Le double meurtre du père

Dans "La Fin du monde", Patrick Buisson décrit le double parricide de la sécularisation de la société où Dieu ne fait plus autorité, et de la déchéance du père de famille dans l'organisation sociale. 

Je ne suis pas conservateur mais réactionnaire. Ce terme ne me dérange pas dans la mesure où il a une dimension vitaliste, réagir c’est ne pas être mort et essayer de comprendre le long cheminement des éléments. Je regrette cette société fondée sur le principe d’autorité, la verticalité, une hiérarchie qui produisait des liens sociaux et qui n'existent plus aujourd’hui. Patrick Buisson

Ce qui m’intéresse à travers la crise de l’Église, c’est la disparition du sacré dans la société française. Nicolas Sarkozy a pris en compte cette dimension de sacré en comprenant que la religion est ce qui créé du lien. On ferme les bistrots, les églises se vident,…  Nicolas Sarkozy a compris que cet enjeu du sacré est un enjeu politique. Il avait l’aspiration à prendre en compte la dimension méta-politique et non plus la seule mission politicienne qui lui avait été accordée. 

Vatican II, la faute originelle ?

Le concile de Vatican II qui s'est ouvert en 1962, et s'est tenu jusqu'en 1965, a notamment instauré l'ouverture de l'Église catholique à d'autres religions. Aux lendemains de la Shoah, l'Église prône désormais la tolérance et accepte ses responsabilités. Pour Patrick Buisson, ce concile marque la fin de l'autorité ecclésiastique dans la société française, un véritable "collapsus". 

Le concile reconnaît la liberté religieuse. Quand l’Église était en position dominante, elle profitait de ce quasi monopole. La volonté des pères conciliaires était de rendre l’Église intelligible à ses contemporains, dans un mouvement qui se rapproche du protestantisme, en renonçant à tous les dogmes. Le crédit que l’on accorde à une religion est la permanence de la fixité. Quand on s'y détache, elle connaît un déclin. Patrick Buisson

Ce qui se cache derrière le patriarcat

L'ouverture des bistrots est l'occasion pour Patrick Buisson de rappeler qu'ils sont à l'origine "le refuge des déclassés", aujourd'hui récupérés pour les loisirs des classes aisées, mais également le lieu du patriarcat : 

Le patriarcat en France est d’apparence, il y a un matriarcat qui ne se voit pas, la femme était celle qui commandait à la maison. Patrick Buisson

Pour Marlène Schiappa, il s'agit d'une excuse classique : 

Si on est honnête, c'est ce qu’on nous dit pour nous consoler. Les hommes gagnent l’argent, prennent des décisions, mais les femmes décident ce qu'on va manger le soir. Je ne crois pas qu'on puisse dire que c’est du matriarcat. Il faut voir qui gagne l’argent et prend les décisions. Marlène Schiappa

Je ne trouve pas que c’était mieux avant, quand on avait pas de vaccin, que les enfants mourraient de la variole, que l’homosexualité était une maladie, que les femmes devaient demander la permission à leur mari pour avoir un compte bancaire. Marlène Schiappa

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Bibliographie

bibliography

La Fin d'un mondeAlbin Michel, 2021

Intervenants
  • Secrétaire d'Etat chargée de l'égalité entre les femmes et les hommes
  • Journaliste français, né le 19 avril 1949 à Paris. Spécialiste des études d'opinion, conseiller de l'ancien président de la République Nicolas Sarkozy
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