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 François Villeroy de Galhau

François Villeroy de Galhau : "Pour faire face au Covid, la réponse par l'endettement est indispensable"

24 min
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Après le choc inédit de la crise sanitaire sur l’économie au premier semestre, l’espoir d’une reprise... puis un deuxième confinement. Où en sommes-nous ? Choc temporaire ou trace durable dans l’économie ?

 François Villeroy de Galhau
François Villeroy de Galhau Crédits : DR

Emmanuel Macron s'adresse de nouveau aux Français ce mardi à 20 heures, lors d'une allocution télévisée consacrée à l'épidémie.  Le but :  redonner de la clarté et un cap pour mettre fin à “l’incertitude”. 

Quel est l'effet du second confinement sur l'économie française ? Comment financer le plan de relance de 100 milliards ? La dette devra-t-elle être remboursée ? Pour en parler, nous sommes en compagnie de François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France. 

La dette ne peut pas être annulée

On ne peut pas annuler la dette, pour une histoire de confiance, absolument clé. Si on ne rembourse pas, on ne nous prêtera plus. C'est une question de confiance pour ceux qui nous prêtent. La France fait partie des rares pays, avec le Royaume-Uni, qui depuis deux siècles, n'ont jamais fait défaut sur la question de la dette. C'est ce qui permet d'emprunter à un taux très bas. (François Villeroy de Galhau)

La banque de France détient 450 milliards d'euros de la banque française. On ne peut pas l'annuler car quand on a créé l'euro, on a mis en place un pacte de confiance qui ne permet pas l'annulation.  Dans l'histoire, quand la banque centrale commence à financer les Etats, ça finit mal, la monnaie devient fondante. Aujourd'hui, les Français et Européens ont confiance dans l'euro. La monnaie fondante perd son pouvoir d'achat d'un mois sur l'autre. L'euro est une bonne monnaie car on a interdit le financement monétaire des déficits. (François Villeroy de Galhau)

L'indispensable création de dette pour répondre à la pandémie

Quand il y a une crise aussi lourde, avec des conséquences économiques et sociales aussi fortes que la pandémie, la réponse par l'endettement est indispensable. Quand on n'a pas de crise de ce type là, il faut être très économe. (François Villeroy de Galhau)

Le chômage qu'on a accumulé malheureusement en Europe depuis les chocs pétroliers, en gros depuis les années 80, ne trouve pas sa réponse dans un supplément d'endettement. Regardez aujourd'hui le pays qui a le moins de chômeurs en Europe, c'est l'Allemagne. C'est aussi le pays qui a le moins de dette. (François Villeroy de Galhau)

Il va falloir traiter cette dette et se mettre dans une perspective de désendettement. Et pour cela, il y a trois ingrédients. Très simplement, il y a le temps. Il ne faut pas faire ça tout de suite ni trop tôt. La croissance va nous aider. Et puis, il faut quand même qu'on fasse attention sur nos baisses d'impôts et nos dépenses. Nous avons le génie en France, des baisses d'impôts non financées. Je crois maintenant qu'il faut stabilité fiscale, ni hausse ni baisse. Au passage, ça aidera à ce qu'il y ait une certaine prévisibilité. Personne ne comprend rien des règles fiscales qui bougent tout le temps. Mais aussi une certaine stabilité des dépenses. (François Villeroy de Galhau)

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