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“Les bonnes questions sont celles qui donnent aux lecteurs ou aux auditeurs, la vivifiante impression qu'à votre place, il les auraient aussi posées.”

Bernard Pivot : "Pendant le confinement, la culture, nourriture de l'esprit, a été délaissée"

42 min
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A 85 ans, le journaliste qui était toujours pressé, qui régnait sur le monde de la culture, a enfin du temps pour lui. Pour autant, avec des cinémas, théâtres et musées qui ne pourront pas rouvrir le 7 janvier en raison de l’épidémie, le temps est comme suspendu.

“Les bonnes questions sont celles qui donnent aux lecteurs ou aux auditeurs, la vivifiante impression qu'à votre place, il les auraient aussi posées.”
“Les bonnes questions sont celles qui donnent aux lecteurs ou aux auditeurs, la vivifiante impression qu'à votre place, il les auraient aussi posées.” Crédits : Jean-Marc ZAORSKI - Getty

La culture doit-elle être considérée comme une activité essentielle ? Pour les acteurs du monde culturel, la question aura été, en 2020, bien plus qu'un simple sujet de controverse philosophique. Car les intermittents du spectacle, organisateurs de festivals, directeurs de théâtre, conservateurs de musée, libraires, guides conférenciers et bien d'autres, ont payé cette année un lourd tribut à la lutte contre le coronavirus. Bernard Pivot, notre "trésor national", a évidemment son mot à dire.

Extrait de … mais la vie continue (Bernard Pivot, Albin Michel, 2020) :

« C’est l’histoire d’un homme qui vient d’avoir 82 ans. Déjà ? Jadis, il était toujours pressé, il régnait sur le monde de la culture et il se sentait invincible. Aujourd’hui, à la retraite, c’est plus calme. » 

Les écrivains sont des confinés naturels, comme les peintres. Pendant les années d’Apostrophes, je me suis confiné tout seul ! Nous avons été moins perturbés que beaucoup d’autres.

Pendant le confinement, le corps a continué d’être alimenté, mais la nourriture de l’esprit, la culture, a été délaissée. Les librairies ont été laissées ouvertes pendant la deuxième vague, mais le cinéma, les théâtres et les expositions sont interdits. Je crains de voir des gens s’habituer à ne plus fréquenter ces lieux.

Le triomphe des séries et de la télévision

Je crains la paresse du consommateur de culture, qui serait tenté de se dire qu’il s’est habitué à ces nouveaux modes de consommation au détriment des salles de cinéma et de théâtre. 

Les éditeurs sont tous des écrivains rentrés. Ils n’ont pas le talent de ces derniers, mais ils éditent avec le regret de n’être pas eux-mêmes leurs propres écrivains.

La télévision est obsédée par son audience aujourd’hui. Les émissions culturelles ne rassemblent pas autant de gens qu’on le voudrait. C’est pourquoi les émissions culturelles sont si peu nombreuses à la télévision en comparaison de la radio.

"Je suis un journaliste qui écrit des livres"

J’ai écrit un premier roman à 23 ans et j’ai trouvé qu’il n’était pas bon. Je me suis dit qu’il valait mieux être un bon journaliste qu’un mauvais écrivain.

Je trouve que c’est un progrès que de pouvoir écouter un écrivain nous parler de la façon dont il travail. Est-ce que nous ne trouverions pas formidable de pouvoir écouter Rousseau ou Voltaire nous parler de la façon dont ils écrivaient ?

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  • journaliste, critique littéraire et ancien animateur d'émissions culturelles à la télévision. Président l'Académie Goncourt depuis janvier 2014.
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