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Rassemblement contre la loi sur la sécurité globale place du Trocadéro, à Paris, le 21 novembre 2020

La ligne rouge, de la politique sécuritaire à la dérive autoritaire, avec Vanessa Codaccioni

17 min
À retrouver dans l'émission

Sous la cinquième république, quel rapport le gouvernement entretient-il avec l’opposition ? A quel moment la ligne rouge de l’autoritarisme est-elle franchie ? Les garde-fous des institutions sont-ils suffisants ?

Rassemblement contre la loi sur la sécurité globale place du Trocadéro, à Paris, le 21 novembre 2020
Rassemblement contre la loi sur la sécurité globale place du Trocadéro, à Paris, le 21 novembre 2020 Crédits : Stéphane DE SAKUTIN - AFP

Dans la nuit de vendredi à samedi, les députés ont voté les dispositions de la loi sur la sécurité globale. Les sujets, très différents, sont consacrés à l'utilisation des drones ou encore au port d'arme hors service par les forces de l'ordre. L’article 24 sur la diffusion du visage des policiers a été la cible de critiques, qui dénoncent l’atteinte à la liberté d’expression et une dérive sécuritaire. 

Pour en parler, nous recevons Vanessa Codaccioni, sociohistorienne, maîtresse de conférences en science politique à l'Université Paris 8. Elle est auteure de “Répression. L’Etat face aux contestations politiques” (Textuel, 2019)

Et en deuxième partie d'émission, Guillaume Erner reçoit la philosophe Elisabeth Badinter. C'est à écouter en cliquant sur ce lien

"L'article 24 s'inscrit dans une série de mesures qui visent à protéger la police." (Vanessa Codaccioni)

"L'article 24 est une véritable atteinte aux libertés, à la liberté d'expression, au droit d'informer, à la liberté de la presse qui subit historiquement des attaques. (...)Il s'inscrit effectivement dans une série de mesures qui visent à protéger la police. On sait très bien que l'un des dispositifs qui protège le plus la police dans le cas de violences policières, ce sont par exemple les dispositions sur la légitime défense. Et on a vu que, par exemple, suite aux attentats de 2015, il y avait eu des dispositifs d'extension de la légitime défense policière, c'est-à-dire la possibilité d'utiliser des armes plus facilement. Et on voit très bien que ce sujet des armes revient aujourd'hui sur le devant de la scène dans l'espace public, avec la possibilité pour les policiers de prendre leurs armes de service et d'intervenir dans des espaces publics. Donc, on voit que ça s'inscrit à la fois dans une atteinte aux observatrices et aux observateurs de la violence d'Etat et également dans une série de dispositifs de protection des policiers." (Vanessa Codaccioni, sociohistorienne, maîtresse de conférences en science politique à l'Université Paris 8)

"Ces images gênent les policiers mais aussi le pouvoir politique" (Vanessa Codaccioni)

"[Les images des policiers ] sont tout à fait légales et légitimes et surtout, elles protègent les victimes des violences policières. C'est par ces images qu'on a pu contredire les récits policiers de brutalité ou de violence. Et c'est par ces images là que les familles ont pu savoir ce qui s'était passé et parfois donc, obtenir une sorte de vérité sur les faits. Donc, ce sont des images extrêmement importantes. Et puis, il faut dire que ces images là, elles donnent aussi une visibilité à la répression, à la gestion (...) des manifestations par le pouvoir politique. On sait que ces images ont été gênantes. (...) On a vu que [la France] a été montrée du doigt pour [sa] gestion très répressive du mouvement des Gilets jaunes, notamment. Ces images, elles gênent. En fait, elles gênent les policiers, mais elles gênent aussi le pouvoir politique." (Vanessa Codaccioni, sociohistorienne, maîtresse de conférences en science politique à l'Université Paris 8)

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