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Les écrivaines Lola Lafon et Chloé Delaume sont les invitées des Matins de France Culture

Lola Lafon, Chloé Delaume, écrivaines féministes poing à la ligne

40 min
À retrouver dans l'émission

Guillaume Erner reçoit deux autrices qui ont fait la une de cette rentrée littéraire. Chloé Delaume et Lola Lafon sont les invitées des Matins de France Culture. "Chavirer" le dernier livre de Lola Lafon a reçu ce jeudi 10 décembre le Prix du roman des Etudiants France Culture-Télérama.

Les écrivaines Lola Lafon et Chloé Delaume sont les invitées des Matins de France Culture
Les écrivaines Lola Lafon et Chloé Delaume sont les invitées des Matins de France Culture

Un réveil tout en littérature ce matin. Pour ce vendredi 11 décembre, deux autrices féministes dont les deux romans coup de poing ont fait la une de cette rentrée littéraire 2020. D'une part Chloé Delaume avec Le cœur synthétique publié au Seuil, qui met en scène une Bridget Jones quadragénaire sous Lexomil, un roman qui nous fait hurler de rire et qui s’est vu décerner le Prix Médicis. D'autre part, Lola Lafon, dont le dernier roman intitulé Chavirer plonge le lecteur dans les méandres d’un réseau pédocriminel. Ce livre vient tout juste de recevoir le Prix du roman des Etudiant France Culture-Télérama et il est publié aux éditions Actes Sud.

"La prédation, c'est un sport de riches" (Lola Lafon)

"Si je savais à chaque fois pourquoi j'écris, je gagnerai beaucoup de temps à chaque roman, mais très clairement, comme je l'ai dit aux étudiants. Moi, je suis partie d'un événement de ma propre adolescence et finalement, la littérature, elle est là aussi pour moi. Pour tenter d'y voir plus clair, tenter de défaire un peu, justement, les couches de silence en miroir avec ce qui se passe autour de nous." (Lola Lafon)

"Je m'interroge sur les dégâts du silence, sur les femmes victimes de prédation. Et ça, c'est le point de départ. Le point de départ, c'est aussi ce que va vivre Cléo. (...) Toutes les dominations sont aussi basées sur la domination sociale et évidemment que la prédation, c'est un sport de riches. Et que pour attirer Cléo, il y a, comme vous dites bien, de l'argent. Mais ça compte finalement bien peu par rapport au rêve de changer de statut, de pouvoir intégrer un autre milieu." (Lola Lafon)

"C'est un roman qui va vers la lumière et vers la parole des femmes. Je ne veux pas divulguer la fin, mais moi, je crois qu'on est totalement fait de nos rencontres. On est constitué des gens qu'on rencontre. Et Cléo, elle va rencontrer et tomber amoureuse de Lara. Elle va être amie avec son habilleuse dans un grand cabaret parisien. Et finalement, toutes ces rencontres-là, la constituent. Et puis voilà, il n'y a pas de déterminisme qu'on n'aime pas. Même quand on en est victime, on n'est pas une victime." (Lola Lafon)

"Adélaïde mon héroïne a un mal fou à s'affranchir du regard des hommes" (Chloé Delaume)

"Je voulais parler d'une espèce d'objet un peu léger à la Bridget Jones. Moi qui suis d'habitude toujours dans des histoires de folie, de suicides et de drames, je me suis dit cette fois-ci, on va s'amuser un peu, mais avec un sujet qui est presque pathétique puisque Adélaïde a un mal fou à s'affranchir du regard des hommes, à faire la part des choses entre ce qu'elle est et l'incomplétude, à savoir si on n'est pas en couple, donc elle va aller de Charybde en Scylla." (Chloé Delaume)

"C'est l'occasion de s'amuser un peu avec tous les clichés et toutes les étapes aussi du célibat, un célibat qui ne veut pas le rester, mais qui, malgré tout, se met un certain nombre d'obstacles entre elle et les personnes qu'elle pourrait rencontrer. Parce qu'aujourd'hui, on pourrait croire qu'il y a différentes manières assez aisées de rencontrer quelqu'un. Je pense évidemment aux sites de rencontres et Adélaïde ne veut pas se laisser aller à ce type de facilité, (...) elle ne veut pas être de la chair à marché." (Chloé Delaume)

"A 46 ans, on a un âge assez particulier où ce n'est pas dans la "mid-life crisis". C'est autre chose. C'est l'âge des petits deuils, des renoncements, de la lucidité. Et ce n'est pas très évident pour les femmes. Surtout, c'est l'invisibilisation. Souvent, c'est un moment où le corps commence à changer. C'est un moment qui m'échappe et je voulais montrer une femme en fragilité par rapport à ces questions là. C'est un roman qui est plutôt initiatique puisque à la fin, je vais pas divulgâcher non plus, mais ça finit avec de la sororité, de "l'empowerment". Et elle n'est pas sauvée parce qu'elle trouve l'homme de sa vie. Justement, je voulais montrer que l'autonomisation était en marche." (Chloé Delaume)

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