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SMITH : "La désidération, c’est se sentir orphelin des étoiles"

14 min
À retrouver dans l'émission

Le photographe présente son installation "Désidération" présentée aux Rencontres de la photographie d'Arles cet été.

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. Crédits : SMITH

Cette année, les Rencontres de la photographie, qui se déroulent du 4 juillet au 26 septembre à Arles, ont mis à l’honneur le photographe SMITH qui présente au Monoprix l’exposition « Désidération ». En immersion totale avec pour prétexte la photographie, le spectateur découvre un espace « indisciplinaire » mêlant du design, des textes, images et musiques pour suivre le fil d’un récit, celui d’Anamanda Sîn. 

Dans l’étymologie de désidération, on reconnait le mot sidus, qui désigne l’étoile en latin, et le « dé » de la privation, qui indique un manque. La désidération, c’est se sentir orphelin des étoiles, le cosmos qui nous dépasse nous a été arraché. 

Autoportrait
Autoportrait Crédits : SMITH

Je pense qu’il y aurait beaucoup à dire sur les rapports que nous avons avec les étoiles et le cosmos. On essaye de présenter un regard sur l’état de notre relation avec le cosmos aujourd’hui. Pour nous, cette relation est brisée, altérée. C’est pourquoi on propose une autre mythologie, un autre regard sur cette relation, à travers la photographie et l’espace d’exposition. 

"La photographie qui illustrent les affiches du festival, celle d’un homme debout, de profil, comme un lien entre ciel et terre"
"La photographie qui illustrent les affiches du festival, celle d’un homme debout, de profil, comme un lien entre ciel et terre" Crédits : SMITH

De la réflexion à la création

Parmi les personnes ayant participé à cette réflexion et à l’exposition, il y a par exemple l’astrophysicien Jean-Philippe Uzan, qui a développé avec SMITH l’idée de désidération, l’écrivain Lucien Raphmaj, qui signe les textes de l’exposition, le violoncelliste Gaspar Claus qui a composé la musique, ou encore les performeurs François Chaignaud et Nadège Piton. 

L’exposition est en réalité une installation qui explore la désidération et créé un récit, une mythologie pour passer du théorique au sensible grâce à la création artistique. 

C’est une tentative de construire un nouveau récit du monde, à travers une réflexion collective à la manière d’une constellation, d’un archipel, une rencontre entre des subjectivités et différentes façons de regarder le monde.

Cette nouvelle mythologie n’est pas pour autant en dehors du monde, mais il s’agit d’un discours sur notre monde tel qu’il est, tel qu’il va et ne va pas.

On part d’un constat intime et émotionnel à partir d’une expérience simple, celle de contempler un ciel étoilé. Cette expérience est de plus en plus rare car le ciel s’est éteint. Le ciel est effacé par la lumière des villes et cette surexposition, cette pollution lumineuse s’installe aussi dans le ciel avec ces chaînes de satellites qui émettent la 5G  et empêchent les astronautes d’étudier les étoiles. Ça nous enlève la possibilité de la contemplation. Cette prise de conscience, la désidération, traduit une volonté de renouer avec l’état du monde, et réfléchir à comment y habiter. 

SMITH_Désidération_AnamandaSin_Arles2021
SMITH_Désidération_AnamandaSin_Arles2021 Crédits : SMITH

Une nouvelle mythologie du cosmos

Cette exposition/installation présente des photographies tirées sur aluminium, des photographies thermiques sur plexiglas, mais aussi des vidéos mettant en scène une jeune femme, l’hôtesse, qui raconte l’histoire d’Anamanda Sîn.

C’est une manière de raconter à travers la fiction, qui est une spécificité humaine pour projeter toutes les formes de discours et visions du monde. Lucien Raphmaj parle d’ « amythologie »,  une mythologie défaite de sa dimension religieuse, voire humaine. Anamanda est la figure mythologique du terrestre qui a conscience de sa désidération et qui est tournée vers le céleste, vers l’invisible qui la dépasse et tente d’établir une relation avec Radio Levania venue du cosmos.

SMITH_Désidération_AnamandaSin_Arles2021
SMITH_Désidération_AnamandaSin_Arles2021 Crédits : SMITH

Météorites : une question de vie et de mort

L’exposition apporte aussi une réflexion sur les météorites, comme créatrices d’une médiation entre nous et le ciel.

Les météorites sont des objets qui ont parfois des 4,5 milliards d’années et peuvent nous apprendre des choses sur nos origines. Elles peuvent nous apporter la mort, par la destruction, mais aussi la vie : les météorites auraient importées des bribes de vie sur terre. Dans la désidération, on en fait un objet presque sacré en tant que lien entre la terre et le cosmos. Les messages contenus dans les météorites, qui nous apprennent énormément sur le plan scientifique, nous les traduisons dans des formes poétiques voire prophétiques. Une manière d’assembler les discours et de détruire les frontières entre les domaines politique, scientifique, artistique, musical, etc. Il s’agit finalement de proposer des rencontres, des relations entre tous ces discours, objets et modes d’expression.

SMITH est photographe, cinéaste, plasticien et chercheur en esthétique.

Bibliographie

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Desiderea NunciaPalais Books, 2021

Intervenants
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