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hétaïre

5 min
À retrouver dans l'émission

"Les Belles Lettres du Professeur Rollin.com" vient de paraître chez PLON. "Les Grands Mots du Professeur Rollin" est désormais disponible en poche chez POINTS. Mes amis, A chaque fois qu'un mot de cette bonne vieille langue française menace de disparaître, nous avons - et dans ce « nous », j'englobe l'ensemble des personnels de L'Institut de Sauvegarde des Mots Menacés d'Extinction, c'est à dire que je m'englobe en totalité - nous avons du chagrin, et pour le mot menacé lui-même, et pour le jeu de mot qui va avec, dans le cas où le mot se prête au jeu. Ainsi, lorsque nous déplorons la raréfaction galopante de l'hétaïre, nous déplorons en même temps... mais procédons par ordre. Rappelons, avant de commencer à rigoler, qu'une hétaïre, c'est, dans la Grèce antique, une femme éduquée et de haut niveau social qui offre compagnie et services sexuels. Par extension, une hétaïre est une femme vénale, qui fait profession du commerce charnel. Une pute, pourrait-on dire pour simplifier, mais nous n'aimons pas la simplification, et nous conservons l'hétaïre. Qui figure du reste dans le « Dico de l'amour et des pratiques sexuelles », avec la définition suivante : courtisane de haute volée, au raffinement élitiste, dans la Grèce du V° siècle avant notre ère. Le mot présuppose - je cite toujours le Dico de l'amour - : le mot présuppose une fonction de "compagne" - dont une forme manifestement édulcorée aujourd'hui serait "l'escort girl" - très richement illustrée aussi dans la tradition japonaise de la geisha. Voilà donc l'hétaïre rétablie dans sa sulfureuse identité. Le jeu de mot, maintenant... qui résume la voracité séductrice de l'hétaïre dans cette formule désopilante : « Hétaïre sur tout ce qui bouge ». Accordons nous une pause d'un bon quart d'heure pour pouvoir rigoler tout notre saoul. Pause rigolade, en musique. I went to your Wedding, de début à 1'05 Merci au grand Spike Jones. Et puisque nous sommes partis pour rigoler, hâtons nous de rire d'un calembour qui menace lui aussi de s'éteindre avec l'expression consacrée qui l'a inspiré, à savoir la locution administrative : « le cachet de la Poste faisant foi ». Le calembour que vous allez entendre est ainsi menacé à la fois par la déliquescence programmée du service public de la poste, qui fait pâlir le légendaire cachet, et par la raréfaction pour cause de délire halieutique, des braves petits anchois. - Simone, j'ai faim... - Y a rien dans le frigo, allons au restau ! - D'accord, mais lequel ? - Au Bar des Sports, le plat du jour, c'est une côte de porc charcutière... - Bof... ça ne me tente pas trop... - Alors... voyons un peu... la Brasserie du Commerce fait du boeuf bourguignon... - Bah... j'aurais bien mangé du poisson... - Alors allons au Café de la Poste : Le Café de la poste fait des anchois ! - Huhu hihi... Mes amis, notre prochaine rencontre aura lieu en mer également, pour sauver le mot scaphocéphale, qui qualifie un individu dont le crâne est en forme de barque. Nous chercherons, d'ici là, si nous avons des connaissances scaphocéphales, c'est à dire, je le répète, des amis dont le crâne a la forme d'une petite barque.

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