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obsidional

5 min
À retrouver dans l'émission

Toujours disponibles... "Les Belles Lettres du Professeur Rollin", éd. PLON "Les Grands Mots du Professeur Rollin", éd. POINTS Mes amis, Nous n'avons pas été très généreux, dans nos entreprises de sauvetage, avec l'initiale O. Nous avons, certes, secouru l'adjectif « orphique », qui se rapporte à l'orphisme, une religion initiatique fondée par Orphée. Nous avons également secouru l'adjectif « odoriférant », pour le distinguer de son compère « odorant »... le verbe « obvier », qui signifie « parer, faire obstacle », et l'adjectif encore « oblatif » : qui fait passer les besoins d'autrui avant les siens propres. Repeuplons donc le camp du O, avec un nouvel adjectif : obsidional. Au féminin : obsidionale, et au pluriel : obsidionaux Ce qui est obsidional, c'est ce qui est relatif aux sièges, ou aux villes assiégées. Dans l'Antiquité romaine, on décernait à celui qui avait délivré une ville assiégée une « couronne obsidionale ». La « monnaie obsidionale », c'est la monnaie frappée dans une ville assiégée,... une ville dans laquelle, probablement, on ne frappe pas que de la monnaie. La « fièvre obsidionale » est une sorte de psychose collective qui atteint une population assiégée. Enfin, le « délire obsidional », ou « folie obsidionale », c'est le délire, ou la folie, d'un sujet qui se croit assiégé, environné de persécuteurs. J'aurais aimé vous faire entendre une « marche obsidionale », c'est à dire une marche des assiégés. Je n'ai trouvé, et il faudra s'en contenter, qu'une Marche des Assiégeants. Elle est signée Jean-Baptiste Lully, et fait partie du recueil intitulé « Les Grandes Eaux Musicales de Versailles ». Marche des assiégeants, de début à 0,39 Merci Messieurs. Comme la plupart des troubles délirants, le délire obsidional est généralement obsessionnel. Pour peu que ce délire obsidional obsessionnel s'abatte sur un obstétricien obscurantiste, obséquieux, et obstinément obstructionniste, déplorant l'obscène obsolescence de son observatoire... l'histoire, à défaut d'avoir un quelconque intérêt quant au fond, aura permis de rassembler une belle brochette d'OBS. - Simone ? Tu sembles piaffer d'impatience ? - Oui ! Car il me tarde d'évoquer le siège de Rhodes par le macédonien Démétrios, fils d'Antigone le Borgne, en 305 avant Jésus-Christ, un siège qui dura plus d'un an mais ne permit pas à Démétrios de s'emparer de la ville. Démétrios y gagna cependant le surnom de Poliorcète, qui signifie en grec « preneur de ville ». Tu noteras au passage que la technique du siège, aussi bien celle de la défense que celle de l'attaque, se nomme la poliorcétique. Ce qui est amusant, dans cette histoire-là, c'est que Démétrios, en quittant l'île de Rhodes après l'échec du siège et une négociation vaseuse, y abandonna un trésor de machines de guerre, et que c'est en vendant ces machines que les Rhodiens amassèrent, dit-on, la fortune qui leur permit de construire le fameux colosse de Rhodes, d'une hauteur de 31 mètres, sixième merveille du monde antique. Mais ce colossal symbole de la résistance ne résista pourtant pas, 66 courtes années plus tard, à un tremblement de terre, il se brisa à la hauteur des genoux, et ne fut jamais reconstruit. Ses morceaux de bronze furent emmenés en Grèce par des marchands arabes et dispersés au hasard des bonnes affaires. Comme quoi ... - Comme quoi quoi ? - Comme quoi ! Tout court ! Mes amis, tout nous pousse à revivifier, lors d'une prochaine rencontre, le terme de poliorcétique. Mais je ne sais pas si nous en aurons le courage...

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