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quérulence

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À retrouver dans l'émission

Toujours disponibles... "Les Belles Lettres du Professeur Rollin", éd. PLON "Les Grands Mots du Professeur Rollin", éd. POINTS Mes amis, J'ai pris, ces derniers temps, une étrange habitude : celle de me focaliser sur l'initiale des mots secourus. En me penchant ce matin sur la quérulence, je ne puis m'empêcher de me rappeler avec émotion que nous avons à notre tableau de chasse, si j'ose ainsi m'exprimer, le sauvetage de deux autres Q, celui du quinquet, et celui des quérimonies. Ainsi, comme le dit l'un des dictons les plus stupides du monde : « Jamais deux sans trois ». Mais passons, ne cherchons pas la dispute, et parlons de « quérulence ». En psychiatrie, la quérulence est une tendance morbide, caractéristique de certaines psychoses, à rechercher les querelles et à revendiquer des droits imaginaires. Pour faire le lien avec les deux derniers mots secourus, on peut imaginer que, parmi les braves gens assiégés dans la ville haute de Carcassonne en 1209, ceux qui étaient atteints d'acrophobie ont pu manifester de surcroît une forme bénigne de quérulence obsidionale. Les fidèles me comprendront. Celui ou celle qui manifeste de la quérulence est quérulent, ou quérulente, ce qui est à peu près synonyme de processif, processive, chicanier, chicanière, ou de procédurier, procédurière. Que recherche une personne atteinte de quérulence ? Les querelles, on l'a dit ; mais, aussi bien, la dispute, la bagarre, les engueulades, les brouilles, la mésentente et la polémique, la bisbille, l'accrochage et les noises, les dissensions, les chamailleries et la discorde, les différends, les tensions, les fâcheries et les empoignades, les discussions et les conflits, la chicane et la controverse, les altercations ou la bataille, les joutes et échauffourées, les prises de bec et autres escarmouches, les malentendus, les tiraillement et démêlés, les algarades et autres heurts, les attrapades, désaccords, et autres litiges, quand ce n'est pas carrément la lutte, les rixes, les combats, le duel, ou même la guerre. Vous le constatez : par chez nous, la quérulence a de quoi se nourrir. Les oiseaux aussi peuvent être atteints de quérulence, comme le prouve cet air de musette intitulé « Querelles d'oiseaux », et que nous interprète Emile Prudhomme. Querelles d'oiseaux de 2,02 à fin Merci Mimile. Courte parenthèse : on suppose que les oiseaux atteints de quérulence multiplient les querelles, au cours desquelles ils se donnent tous les noms d'oiseaux. On le suppose, mais on n'en est pas certain. - Simone ? - Quoi ? Qu'est-ce que tu me veux encore ? - Je voulais te dire... - Ca y est, c'est reparti ! Je voulais ceci, je voulais cela, gnagnagni, gnagnagna... il faut te calmer, mon pauvre ami ! Tu es constamment sur mon dos ! Essaye de comprendre qu'il y a un moment où je craque ! - Non, je voulais juste... - Mais c'est pas possible, tu es totalement sur les nerfs! Je suis là, tranquille, je ne demande rien à personne, et tu m'agresses violemment avec des « je voulais machin », « je voulais truc »... mais il faut te faire soigner, tu as complètement perdu les pédales, mon pauvre ami... apprends au moins à parler aux gens poliment, on n'a pas à subir des sorties belliqueuses du genre « je bibibi », « je bouboubou »... t'es pas seul au monde, pépère ! - Bon... - (...) - (...) - Alors quoi ? Tu voulais quoi ? Accouche, à la fin ! - Je voulais te dire que nous secourons aujourd'hui le mot « quérulence ». - Qu'est ce que tu veux que ça me foute ? Qu'est ce que t'as besoin de venir me provoquer ? Et d'abord, c'est quoi, la quérulence ?? Mes amis, nous nous occuperons la prochaine fois d'un mot comme armistice, ou flegme, ou ataraxie, ou quiétude... enfin... un mot qui ne fait pas trop de vagues...

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