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Louis Aragon, le 1er janvier 1946

Louis Aragon (3/10) : Le réaliste

18 min
À retrouver dans l'émission

Au cours de ce troisième entretien, Louis Aragon revient sur l'écriture romanesque, un choix privilégié par le réalisme. Bien que lui-même en étende les codes à la poésie, il préfère d'abord l'évoquer en parlant de sa toute première fiction publiée, "Anicet ou le panorama, roman".

Louis Aragon, le 1er janvier 1946
Louis Aragon, le 1er janvier 1946 Crédits : Ralph Morse - Getty

Dans ce nouvel entretien, Louis Aragon revient sur son travail d'écriture. Réaliste mais aussi poète, surréaliste mais également romancier, il n'est pas aisé de saisir l'identité littéraire de cet auteur, à l'œuvre monumentale. Aragon est un écrivain libre. Et lorsqu'il aborde la question du réalisme, c'est toute cette ambivalence qui transparaît. Car, "si les gens pensent souvent au roman" lui n'en fait pas l'apanage de ce seul genre. 

Un roman, par définition, est un ouvrage qui met des personnages en scène. Et de préférence, plusieurs personnages. La première question du réalisme est celle de la réalité, de l'existence réelle de ces personnages et des rapports de ces personnages avec l'auteur lui-même. Je veux dire que l'auteur peut être l'un de ces personnages, ou n'être aucun de ces personnages. Ces personnages peuvent contenir des choses qui viennent de l'auteur, ou ne pas en contenir, qui viennent de la réalité ou être de caractère purement imaginaire. 

Anicet ou le panorama est le premier roman de Louis Aragon. Publié en 1921, il l'écrit avant et après la guerre de 1914-1918 mais celle-ci reste pourtant la grande absente de l'ouvrage. Une façon pour l'auteur de mieux la combattre. L'amour en revanche est l'une des clefs motrices du récit. C'est pourquoi il décide de revenir sur le personnage de Mirabelle que le protagoniste du roman éponyme cherche absolument à conquérir. Un personnage allégorique, n'existant pas dans la réalité, mais qu'Aragon a parfois présenté comme inspiré par son entourage.  

J'étais un peu gêné par rapport à Mirabelle, pour des raisons qui n'ont rien à faire avec la littérature. J'avais cru devoir dire à trois ou quatre personnes que certainement, c'était d'elles que venait l'image de Mirabelle. Je ne pouvais pas les décevoir. Alors, dans la clef en question, je donnais une explication manifestement fausse de quelqu'un qui n'a jamais existé, mais que chacune de ces personnes pouvait prendre pour de la discrétion par rapport à elle.(...) Je peux bien l'avouer aujourd'hui, qu'en réalité, Mirabelle n'était pas une femme existante, mais une idée. Mirabelle, c'est la beauté moderne. 

La question du réalisme dans le roman ne cesse d'être explorée au cours de cette entretien. Pour Louis Aragon c'est en donnant l'explication d'une situation par l'écriture, plutôt qu'en essayant d'en restituer à la perfection les moindres contours, à la manière d'un photographe, qu'il se met au service de la réalité.  

Ce ne sont pas des personnages photographiés et ce sont effectivement des situations, mais incarnées. Il s'agit de faire entrer ces situations dans un personnage. Ici, se pose précisément la question de ce qui est de mon expérience propre. Par exemple, si on lit l'ensemble de mes romans, il est évident que les gens qui connaissent un peu ma biographie reconnaîtront des décors, par exemple, qui sont indiscutablement les décors de la jeunesse ou de l'enfance. 

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