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Louis Aragon en compagnie de son épouse, l'écrivaine Elsa Triollet le 8 juillet 1966

Louis Aragon (8/10) : Le poète romancier

21 min
À retrouver dans l'émission

Louis Aragon revient ici sur l'acte poétique et comment il en a fait une forme d'engagement. Oscillant sans cesse entre roman et poésie, il défend son écriture en prose, même dans le poème. Il parle également de ceux qui l'ont influencé, comme Guillaume Apollinaire.

Louis Aragon en compagnie de son épouse, l'écrivaine Elsa Triollet le 8 juillet 1966
Louis Aragon en compagnie de son épouse, l'écrivaine Elsa Triollet le 8 juillet 1966 Crédits : Jacques Haillot - Getty

Dans ce nouvel entretien, il est question de l'écriture et notamment de l'écriture poétique. Au cours du premier temps de l'échange, Louis Aragon se confie au micro de Francis Crémieux sur ses contemporains, hommes de lettres, qui ont apporté une certaine influence sur son œuvre.  

Tout le monde sait. Je l'ai dit sur tous les tons, que dans ma jeunesse, de mes contemporains, l'homme qui a eu la plus grande influence sur moi, je parle de l'influence directe, c'est assurément Guillaume Apollinaire. Mais en même temps, il y avait un autre écrivain qui a eu sur moi une très grande influence morale autant que poétique, qu'il a eu pendant toute sa vie. Et vis-à-vis duquel mon opinion n'a jamais varié. Je veux parler de Pierre Reverdy. 

Écrivant dans un genre et dans l'autre, il n'y a pour Louis Aragon aucune possibilité de différencier roman et poésie. Et la satisfaction de l'écrivain comme du lecteur peut venir, à son sens, des formes d'écriture. Ainsi, on peut trouver chez certains romanciers une plus grande part de poésie que chez certains poètes.   

Je vous répète que je ne fais pas de distinction entre les poètes et les romanciers. Très souvent, les poètes m'ont donné moins de satisfactions poétiques que certains romanciers. Il y a brusquement, dans un roman où l'on est dans la réalité quotidienne, une phrase, une page, qui est comme une ouverture sur ce qui n'est pas le roman, sur ce qui est au-delà de lui, sur ce que nous appelons d'une façon abrégée, la poésie. Ainsi, ne croyez-vous pas que cela est vrai de Saint-Exupéry, de Barrès, même d'Henri Duvernois ? Si on prend des écrivains aussi différents les uns des autres, on peut y trouver brusquement une entrée dans ce que nous appellerions l'opéra.  

N'écrivant pas en vers, même dans la poésie, Louis Aragon raconte à la fin de cette entretien que cela est lié à une forme d'engagement, son expérience de la guerre. Le choix de la forme poétique se met ainsi au service du message de l'écrivain.  

Je n'ai jamais fait de distinction entre les vers et la prose. (…) Vous savez, je m'étais toute ma vie juré une chose après la guerre de 1914-1918, j'ai ressenti comme une humiliation que je partageais, le fait que le peuple français ait pu laisser s'établir la guerre de 1914-1918, sans avoir protesté. Je m'étais juré que si mon pays devait être entraîné dans une nouvelle guerre de ce caractère, au moins quelqu'un de mon pays élèverait la voix contre, et la forme que ma poésie a prise était destinée à être entendue par un plus grand nombre de gens possible en essayant de baser mon expression sur les formes profondément nationales de la poésie française. Cela a servi à quelque chose. Car de cette poésie qui commence dès la "drôle de guerre" est née, je peux le dire sans me vanter particulièrement, ce qu'on a appelé ensuite la poésie de la Résistance.

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