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Affiche lors de la manifestation d'une association féministe pour la Journée internationale de la femme. 2018
Épisode 1 :

Du cintre à la canule

54 min
À retrouver dans l'émission

« Un enfant si je veux quand je veux ! » Planning familial

Simone Veil défend la loi sur l'avortement au Sénat en 1974
Simone Veil défend la loi sur l'avortement au Sénat en 1974 Crédits : KEYSTONE-FRANCE/Gamma-Rapho via Getty Images - Getty

En 74,  300 femmes mouraient chaque année des suites de manœuvres abortives. Voilà pourquoi il fallait médicaliser l’IVG.  Il faut en finir avec la clandestinité. La clandestinité tue des femmes et elle ne sauve aucun fœtus. Jean-Yves Le Naour 

La prise en charge de l’avortement, et avant lui de la contraception, a bouleversé le corps médical.Depuis plusieurs siècles l’interdit de l’avortement pesait particulièrement sur la profession mettant en danger des milliers de femmes. Sa répression s’accompagnait de poursuites et de peines pour les personnes le pratiquant. 

Pendant  mes études, j'ai fait mon stage d'externat en réanimation médicale. Et là, ça a été le choc de constater qu'en 1972, les services de réanimation médicale était peuplée majoritairement de jeunes femmes qui étaient là entre la vie et la mort. J'ai été bouleversé du mépris du jugement du corps médical par rapport à elles. On laissait entendre qu'elles l'avaient bien cherché. Olivier Bernard

C’est seulement depuis 1975 avec le vote de la loi Veil que l’avortement est passé du domaine privé au domaine public. La loi de santé publique votée après des débats houleux à l’assemblée nationale a médicalisé l’avortement. Le corps médical constitue depuis le pivot essentiel de cet acte. 

Au moment du vote de la loi, la majorité du corps médical était opposée à l'avortement et nataliste. Et c'est pour ça que la loi de 75 a été votée. En confiant l'avortement aux médecins, on pensait qu'ils allaient pouvoir les dissuader d'avorter. Il y avait toujours cette mentalité nataliste. Michèle Ferrand

Mais quelle est la place de l’acte d’avortement dans la médecine, son histoire, et l’adhésion ou le refus des médecins face à l’avortement ? 

Plus de 45 ans après la loi, on en est toujours à avoir des difficultés d'accès en pratique. Et la question de la formation initiale des médecins est vraiment un des points essentiels.  Marie-Laure Brivale

Après 40 ans de silence, Marie se souvient de son avortement. Ça s’est passé à Grenoble dans une chambre d’étudiante, c’était le début de la fameuse méthode Karman. 

On n'avait pas peur. Il y avait bien une culpabilité. Je pense qu'on avait vraiment l'intime conviction qu'on était dans notre droit. Ce n'était pas légal mais notre combat, il était légitime. Anne Joubert

Avec : 

  • Marie
  • Olivier Bernard, médecin généraliste, orthogéniste et ancien président du mouvement pour la liberté de l'avortement et de la contraception (MLAC) de Grenoble 
  • Joëlle Brunerie, gynécologue et militante féministe française  
  • Marie-Laure Brivale, gynécologue obstétricienne, cheffe de service de la maternité des Lilas jusqu’à fin 2018
  • Michelle Ferrand, sociologue, directrice de recherche émérite du CNRS
  • Anne Joubert, militante du mouvement pour la liberté de l'avortement et de la contraception (MLAC)
  • Lucile Ruault, sociologue chercheuse au CERAPS de l’université de Lille
  • Jean-Yves Le Naour, historien, spécialiste de la Première Guerre mondiale et de l'histoire du XXe siècle

Merci à Marielle Issartel, à Bibiad Pavard et à la bibliothèque municipale de Lyon Pardieu

Un documentaire de Johanna Bedeau, réalisé par Angélique Tibau 

Archives du film Histoire d’A, de Charles Belmont et Marielle Issartel

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