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Image matinale du chantier de construction du stade Arena 92 Nanterre-La Défense, Nanterre, Paris, France.
Épisode 2 :

Chef de chantier

58 min

Bien que strictes les règles sur un chantier laissent de la souplesse et la progression dans la hiérarchie y est fréquente.

Une ingénieure de construction
Une ingénieure de construction Crédits : Johnce - Getty

S’il est un monde professionnel où l’on ne cache pas l’existence d’une hiérarchie, c’est bien le secteur du bâtiment. Il n’empêche que pour l’architecte Rudy Riccioti, cette hiérarchie "se fait au prorata des compétences, des savoirs et des expertises. Elle ne se fait pas au travers du titre. La solidarité se fait par un arbitrage naturel, parce que nous faisons un métier dans le bâtiment où il s'agit tous ensemble de prendre des responsabilités". Mais surtout cette hiérarchie si elle est stricte, laisse une certaine souplesse et permet aussi des progressions fréquentes.

Elle est nécessaire avant tout pour des raisons de sécurité. Être un bon chef ne se comprend pas de la même façon à 25 ans qu’à 60. Dans ce volet, un jeune conducteur de travaux ne tient pas le même discours qu’un ingénieur qui a presque quarante ans de métier derrière lui. Selon ce dernier, le bon chef doit veiller à ce que la compétition entre les équipes ne mette pas en danger les ouvriers, mais il ne peut empêcher cette compétition. 

Jean-Bernard Payet, charpentier et chef de travaux, garde à l’esprit "qu’on ne fait pas le chantier tout seul , donc si l’on commence à n’être que dans l’autorité, les gens qui sont avec nous n’auront pas envie de venir nous aider et de travailler, de faire la petite demi-heure de plus le soir qui fait que ça va bien se passer".

Marc Elmarge, jeune conducteur de travaux se rend compte de son côté que "son travail est basé sur les imprévus", qu’il y a une grande différence entre ses cours et la pratique comme tout le monde lui explique sur le chantier "tous les ouvriers, tous les conducteurs, tout le monde sur place me dit d’oublier tout ce que j’ai étudié à l’école, la pratique est différente, la pratique, c’est vraiment d’anticiper, de régler les imprévus en urgence, d’être réactif et de trouver des solutions".

Dans le bâtiment, le passage d’un métier à l’autre est fréquent et les intervenants en témoignent. La hiérarchie, cela comprend aussi les relations entre hommes et femmes. Comment se passent-elles dans un secteur traditionnellement masculin ? Plutôt bien comme en témoigne Aurélie Ouzineb, architecte et charpentier :  "Le travail avec mes collègues hommes ? Au début, j'avais un peu des a priori, mais je me les mettais moi toute seule parce que ça s’est très bien passé". Même si une jeune peintre en bâtiment se plaint d’être confondue, après dix ans de pratique, avec une stagiaire par ses collègues, plusieurs personnes font l’éloge de ce que la présence des femmes a apporté au monde des chantiers : davantage de respect mutuel. Le secteur du bâtiment s’est civilisé avec le temps.  

Un documentaire de Virginie Bloch-Lainé, réalisé par Clotilde Pivin.

Avec :  

Rudy Riccioti, architecte 

Jean-Luc Trottin, ingénieur chez Eiffage 

Marc Elmarge, conducteur de travaux 

Benoît Lapostolle, ingénieur génie civile 

Luc Weizmann, architecte 

Jean-Luc Lemoine, charpentier et conducteur de travaux 

Jean-Bernard Payet, charpentier et chef de travaux 

Aurélie Ouzineb, architecte et charpentier 

Arthur Lochmann, ancien charpentier et philosophe 

Maud, peintre en bâtiment, compagnon du devoir 

Victor Ferbak, chef de poste  

Clément Imbert, conducteur de travaux 

Un agent de sécurité, un superviseur de tunnelier, des couvreurs zingueurs, une peintre de décors 

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