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 Dans la prison, là où se passe les rencontres détenus-victimes
Épisode 2 :

Réparer ceux qui restent

55 min
À retrouver dans l'émission

Une expérience inédite : les rencontres Détenus-Victimes. Ils se rencontrent à la Maison Centrale de Poissy, pour 6 séances, au rythme d’une fois par semaine pendant plus de deux mois encadrés par des médiateurs et des membres de la communauté.

 Dans la prison, là où se passe les rencontres détenus-victimes
Dans la prison, là où se passe les rencontres détenus-victimes Crédits : Sebastien Godefroy

Les personnes détenus et les personnes victimes ne se connaissent pas, ils n’ont pas de liens directs, mais ont commis ou subi le même type de faits. 

Ce qui s’est passé à la première séance, après avoir été atterré par le premier crime, on a fait une pause-café, on s’est levé, on est allé à une machine à café un petit peu plus loin. On était un peu en retrait, en osait pas. […] Roméo, le plus jeune des détenus, est venu carrément me parler […] comme une pause-café normale entre collègues. Et là, je suis allée me rasseoir, tout était passé. Je n’ai plus jamais eu peur. J’ai plus jamais été atterré. » (Une personne victime) 

C'est une expérience rare, parce qu’il n’est pas courant que des condamnés à de lourdes peines puissent parler sans témoins, rare que des condamnés s’adressent directement à des victimes. C'est aussi un processus bouleversant pour ceux qui s’y engagent, visant la reconstruction des personnes, et un dialogue improbable qui offre aux participants la possibilité de réparer les souffrances qui n’ont pas été prises en compte durant le procès pénal. 

« Auparavant, pendant le temps de l’instruction, on est conditionné par nos avocats, à ne pas parler. C’est ce que je trouve dommage à un procès d’assises, c’est qu’on ne puisse pas vraiment… parce que nous-mêmes, on peut le vivre mal parce qu’il y a des choses qu’on voudrait pourvoir dire, et qu’on arrive pas à dire. Je pense qu’à un procès d’assises, les victimes ne pourront jamais avoir de réponses. La cour d’assise, c’est une pièce de théâtre. (…) On est tellement conditionné qu’on ne peut pas s’exprimer comme en temps normal.» (Une personne détenue)

En l’absence de tout enjeu judiciaire, et après condamnation, cette rencontre met face à face deux souffrances. Ils se rencontrent à la Maison Centrale de Poissy, pour 6 séances, au rythme d’une fois par semaine pendant plus de deux mois encadrés par des médiateurs et des membres de la communauté. 

C’est à titre exceptionnel que nous avons été autorisés à poser nos micros autour de leur table.

Avec : 

Nadège Bezard, animatrice des rencontre détenus victimes à Poissy

Marguerite, membre de la communauté

Martine, Stéphanie, Pascale, José, Christophe et Stéphane, participants des rencontres

Une série documentaire de Johanna Bedeau et Angélique Tibau

Bande-son

John Cage "Experiences n°2" par Robert Wyatt
John Adams "Eros piano"
Kevin Volans "Quatuor à cordes n°1" par Kronos Quartet
Sakamoto "Uoon i"
Christophe "Elle dit, elle"
John Cage "Expériences n°2" in Litany for the whale

En partenariat

Cette semaine, LSD, La série documentaire est en partenariat avec Tënk, la plateforme du documentaire d’auteur, qui vous permet de visionner pendant deux semaines le film Monsieur contre Madame, de Claudine Bories.

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