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Oh le beau virus !
Épisode 2 :

Ebola : 40 ans d'épidémie

55 min
À retrouver dans l'émission

Ebola juste une affaire de médecin ?

Un agent de santé dans une zone de quarantaine au centre de traitement de Nongo ebola à Conakry, en Guinée, 2015.
Un agent de santé dans une zone de quarantaine au centre de traitement de Nongo ebola à Conakry, en Guinée, 2015. Crédits : CELLOU BINANI / AFP - AFP

1976 au Nord de la République du Congo, des habitants meurent d'un mal étrange après avoir mangé de la viande de brousse, c'est-à -dire la chair de gorilles eux-mêmes infectés par des chauves-souris. Pour ne pas jeter l'opprobre sur le village, la maladie prend le nom du fleuve qui coule dans la région : Ebola. En 1995, nouvelle manifestation du virus qui attaque le système immunitaire des malades. Mais circonscrite dans la même région, elle ne fait pas la une de l’actualité. Ce n'est pas ce qui se passe en décembre 2013 en Guinée Conakry : en quelques semaines, le monde tremble. Ebola passe les frontières, gagne le Libéria, la Sierra Leone voisine et menace bientôt l'Europe et les Etats-Unis. Urgence sanitaire déclarée par l'OMS, battage médiatique, reprise à toute vitesse des tests cliniques pour mettre au point un vaccin : le monde tremble. Bilan : 10 000 morts. Décembre 2015 fin de l'épidémie, décembre 2016, l'OMS annonce que le vaccin fonctionne. Les ONG occidentales repartent, les journalistes remballent. On oublie les 11 000 survivants considérés par le reste de la population comme des pestiférés. Jusqu'à la prochaine épidémie ?

Avec Paule Constant, auteur de « Des chauve-souris, des singes et des hommes » (éd. Gallimard) ; Livia Saavedra, qui a photographié des survivants ; Bertrand Draguez, responsable de Médecins Sans Frontières(MSF) Belgique et Samuel Hanryon, responsable du service de communication de Médecins Sans Frontières (MSF) France ; Cheikh M'Baye, manager au sein de l'ONG Women and Health Alliance (WAHA) ; Jean-François Delfraissy, directeur de l'Agence National de Recherche sur le Sida, coordinateur Ebola en 2014 ; Guillaume Lachenal, maître de conférences en histoire des sciences à l'université Paris VII Diderot.

Le gouvernement guinéen ne voulait pas qu'on communique sur cette étrange maladie. C'est MSF qui communiquait de manière très agressive sur Ebola. (Cheikh M'Baye)

À la mosquée, tout le monde se serre la main à la prière du matin. Vous vous rendez compte de ce que ça peut faire comme transmission possible. On a donc commencé par dire que se serrer la main ce n'est pas une obligation, on peut juste se dire bonjour. (Cheikh M'Baye)

Le personnel n'était pas formé. Par exemple à l'hôpital Ignace Deen à Conakry il y avait au moins 12 entrées .... La 1ère chose que nous avons faite, c'est fermer tous les issues et installer un système de triage. (Cheikh M'Baye)

Les politiques considéraient jusqu'à maintenant que la crise sanitaire c'était une affaire pour les médecins mais ils viennent de changer avec Ebola. (Jean-François Delfraissy)

Il y a beaucoup de superstition autour de cette maladie, on pense qu'elle apporte le mauvais œil et encore maintenant. (Livia Saavedra)

Fatoumata a survécu à Ebola pour vivre un enfer.... Etre malade c'était moins difficile qu'être guéri, une fois revenu dans la société. (Livia Saavedra)

Ebola est un virus qui tue ceux qui veulent le combattre. (Bertrand Draguez)

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