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Guillaume Néry apnéiste

En apnée

54 min
À retrouver dans l'émission

Dans le grand ventre de la mer, ils descendent au fond, ces hommes et femmes qui retiennent leur souffle plusieurs minutes durant, pour explorer l’inconnu, les limites humaines, et mieux voir en eux-mêmes.

Guillaume Néry apnéiste
Guillaume Néry apnéiste Crédits : BORIS HORVAT / AFP - AFP

Première diffusion le 6 juillet 2011 dans l'émission Sur les docks.

Je me rappelle ce sentiment que j'ai pu ressentir quand j'ai essayé pour la première fois de plonger, ce n'était que du bleu dessous. un apnéiste

Depuis Jacques Maillol, l’un des maîtres en la matière, les adeptes de l’apnée sont de plus en plus nombreux, et s’avancent de plus en plus profondément dans la mer : 100 mètres, 110 mètres, 130, 150, 200… le record du monde s’établit aujourd’hui à 214 mètres en pratique «no limit» à l’aide d’une gueuse. Une profondeur qui nécessite des techniques corporelles sans cesse renouvelées, pour affronter la pression écrasante de l’eau. 

En France, Aurore Asso, Guillaume Néry, ou Florent Pascal, détiennent chacun des records abyssaux. C’est à Marseille que nous les retrouvons pour la compétition nationale de plongée en apnée : les apnéistes des plus novices aux plus confirmés vont tenter d’y plonger avec ou sans palme, par la seule force de leur corps. Au large, le bateau de la compétition voit défiler des silhouettes serrées dans des combinaisons sombres qui se laissent bercer par la mer, concentrées. 

C'est d'abord ce plaisir d'être dans l'élément liquide, de supprimer le son, les bruits de la vie en général et simplement d'être un peu dans cet état d'apesanteur et de profiter de ce que l'apnée permet avec le regard. Florent Pasca

Au moment de la dernière inspiration, ils nous emmènent avec eux sous l’eau. Les sons se diluent à mesure que le rythme cardiaque ralentit. Ils s’enfoncent dans un bleu qui s’assombrit, sous une pression grandissante, et s’ils dépassent les premiers obstacles que leur corps éprouve, les plongeurs disent alors ressentir un bien-être profond. En bas, les sons s’évanouissent, les sensations s’accentuent à mesure que l’esprit s’ancre dans l’instant présent, et les apnéistes ne ressentent pas le besoin de respirer. 

Mais déjà derrière ces quelques secondes infinies se dessine le retour vers la surface, et le taux d’oxygène dans le sang chute pendant que la pression varie, l’air manque… Retour à l’air libre comme une renaissance. Pourquoi retenir ainsi son souffle ? Pourquoi vouloir descendre toujours plus profond, malgré la peur, les risques encourus, l’entraînement intensif que cette pratique exige ? 

Je ne vois pas de raison pour laquelle l'être humain ne pourrait pas être capable d'aller toujours à un mètre de plus. Un jour, j'aurai ma propre limite, c'est certain.  Guillaume Néry

Encore aujourd’hui, la Science ne peut affirmer jusqu’où le corps humain est capable de descendre dans la mer. C’est mètre après mètre, et seconde après seconde, que l’aventure des plongeurs en apnée se poursuit.

Avec les apnéistes

  • Florent Pasca
  • Aurore Asso
  • Guillaume Néry 
  • Jean-Michel Pradon 
  • Alice Modolo
  • Frédéric Lemaître , apnéiste et enseignant-chercheur spécialisé dans la physiologie de l’apnée

Un documentaire de Elise Andrieu, réalisé par Diphy Mariani

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