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Personnes souffrant de la Lèpre à Madagascar (Janvier 2018)

Être lépreux à Madagascar

54 min
À retrouver dans l'émission

"Il faut bien mettre le Mal quelque part" (Phrase tirée du film L'ordre de Jean-Daniel Pollet, 1973)

Personnes souffrant de la Lèpre à Madagascar (Janvier 2018)
Personnes souffrant de la Lèpre à Madagascar (Janvier 2018) Crédits : picture alliance - Getty

Première diffusion : 30 septembre 2015 dans l'émission Sur les docks.

C'est très difficile d'expliquer aux gens que la lèpre n’est pas une malédiction parce que c’est une maladie de pauvres. Mais on arrive quand même à expliquer que c'est un microbe qui rentre dans le corps grâce à quelqu'un qui l'a transmis.

La lèpre dans le monde
La lèpre dans le monde

En milieu rural, notamment à Madagascar, la dermatologie ne fait pas partie des préoccupations premières, ni des populations ni des personnels de santé. Quand la lèpre est à un stade relativement débutant, c'est à dire au stade dermatologique, malheureusement, souvent, elle est laissée pour compte et n'est pas prise en charge. Docteur Bertrand Cauchois

Plus vieille que l’Ancien Testament, la lèpre maladie criblant la peau de Myriam traversant le désert ou formant des taches indélébiles sur les momies coptes enfouies sous le sable d’Egypte, n’a jamais totalement disparu. Aujourd’hui, la lèpre continue de rallier infamie, exclusion et solitude.

Madagascar, l’île rouge, reste l’un des 5 pays les plus concernés d’Afrique alors que le bacille de la lèpre n’y est pas plus virulent qu’ailleurs. Pour le Docteur Bertrand Cauchoix, la lèpre est la maladie qui signe la vulnérabilité d’une population. S’installant à bas bruit sur plusieurs années, parfois jusqu’à sept ans, elle ne marque que tardivement le corps et se propage dès lors dans l’entourage : "Il n’est pas rare de trouver une personne contaminée puis une quinzaine dans un même village" confirme le médecin.

A partir de 1980, on a découvert les médicaments de polychimiothérapie et ça a vite évolué

A Madagascar, chaque année plus d’un millier de cas de lèpre à un stade avancé voire sévère, sont découverts. Ni les diagnostics posés, toujours trop tardifs, ni la révolution thérapeutique apportée dans les années 1980 par l’utilisation de la PCT (Polychimiothérapie), n’ont pu éteindre l’épidémie devenue endémique. Et pourtant en 2006 l’OMS déclare la lèpre "statistiquement" éliminée à Madagascar. Peu à peu les léproseries sont fermées, transformées en dispensaires ouverts, tandis que le sort des lépreux est scellé : ils peuvent retourner vivre parmi les hommes "normaux" pourtant ils sont restés pour les autres "des lépreux". Durant l’enquête ils ont témoigné errant près des anciennes léproseries installées aux confins des campagnes ou survivant dans des villages isolés où ils s’organisent une vie.

Dans les villages lépreux, on trouve des lépreux entre eux. Ils se sentent un peu rejetés, isolés, parce que les autres personnes ont peur d'aller chez eux. Les enfants ne vont pas à l'école ailleurs, donc c'est pour ça que nous les soeurs, les missionnaires, on va vers eux pour pouvoir expliquer. Il faut sortir de cette clôture parce qu'il faut les soigner. C'est une maladie qui humilie

Avec :

  • Les témoignages dans les communautés villageoises fondées par Sœur Jeanne Rohner
  • Dr Bertrand Cauchoix  médecin conseil pour le programme lèpre à Madagascar
  • Sœur Clémence

Un documentaire de Nedjma Bouakra et Julie Beressi

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