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A Beyrouth, devant le musée Sursock : statue des martyrs
Épisode 2 :

Et si Beyrouth "pensait ses plaies" ?

54 min
À retrouver dans l'émission

Avec ses premiers thérapeutes formés en Europe, la psychanalyse s’est implantée à Beyrouth depuis plusieurs décennies. Mais la société psychanalytique libanaise initiée par Mounir Chamoun dans les années 70, a volé en éclat et reste aujourd’hui divisée.

A Beyrouth, devant le musée Sursock : statue des martyrs
A Beyrouth, devant le musée Sursock : statue des martyrs Crédits : Seham Boutata - Radio France

Le Liban, comme l’Égypte, sont les précurseurs de la psychanalyse dans le monde arabe. Ils ont hérité cette discipline de l’époque coloniale. Avec ses premiers thérapeutes formés en Europe, la psychanalyse s’est implantée à Beyrouth depuis plusieurs décennies. Mais la société psychanalytique libanaise initiée par Mounir Chamoun dans les années 70, a volé en éclat et reste aujourd’hui divisée. A l’image du pays, elle n’a pas échappé aux guerres intestines et au meurtre du père.

Beyrouth ressemble aujourd’hui à un chantier à ciel ouvert. La ville se reconstruit tous azimuts pour effacer les traces laissées par la guerre. Et les traumatismes du conflit ne se retrouvent pas systématiquement sur le divan. Par ailleurs, le Liban est le seul pays arabe où coexistent 18 confessions reconnues par l’État. 

A Beyrouth, les chrétiens maronites cohabitent avec les musulmans qu’ils soient chiites ou sunnites. Pour les patients comme pour les thérapeutes, la psychanalyse attire-t-elle une communauté plus qu’une autre ? Se promener dans Beyrouth c’est aussi faire l’expérience d’une traversée polyglotte. Le Français, l’Anglais et l’Arabe se mélangent à l’intérieur d’une même phrase. Alors quelle langue pour l’analyse ?

Ce qui est particulier en étant psychanalyste libanaise au Liban, c’est le genre de patients avec qui j’ai dû travailler, ou j’ai choisi de travailler. J’ai eu beaucoup de patients qui sont des traumatisés de la guerre. […] On est tous des créatures endommagées par la guerre. Mais sur le divan, les traumas enfouis et insoupçonnés sont inimaginables. [...] C'est le moteur ou l'explication de certaines choses qui se traduisent en souffrance actuelle. Reina Sarkis

Tous les citoyens de tous les pays n'ont pas connu une guerre civile récente, n'ont pas passé une partie de leur vie dans des abris ou en train d'échapper aux francs-tireurs, ou à essayer de fuir le pays. Reina Sarkis

On a tout fait pour faire disparaître les séquelles de la guerre. C’est comme si la guerre n’avait pas existé. Marie-Thérèse Khair Badawi

Une des particularités du Liban est la question de la langue maternelle. C'est une question que l'on se pose depuis des années. Beaucoup parlent le français avant de parler l'arabe. Si on me demande quelle est ma langue maternelle, je ne saurais pas vous le dire. Mais je peux vous dire que je m'exprime le mieux en français, j'écris le mieux en français. [...] J'ai fait mon analyse en français, et mon analyste, quand je lui disais des choses qui me touchaient beaucoup, je lui expliquait qu'en arabe ça donnait autre chose, et lui me disait "mais dites-les", même s'il ne les comprenait pas. Je sais combien c'était important pour moi de les dire dans cette langue-là. Dans les analyse que nous faisons, c'est souvent un mixage de sons. [...] Les analyse que nous, libanais, faisons sont multilingues, et c'est une des spécificités de la culture libanaise. Marie-Thérèse Khair Badawi

Avec :

  • Reina Sarkis, psychanalyste
  • Chawki Azouri, psychiatre, psychanalyste. Chef du service de psychiatrie et de psychothérapie institutionnelle qu’il a fondé en 2006 à l’Hôpital Mont-Liban.
  • Marie-Thérèse Khair Badawi, psychanalyste et Professeure chercheuse à l’Université Saint Joseph de Beyrouth. Membre fondatrice de l’ALDeP
  • Mouzayan Osseiran-Houballah, a fait ses études de psychologie clinique et psycho-patho à Paris 7, psychanalyste de formation. Lacanienne à Paris. Arrivée au Liban en 2005. Membre de l’ALDeP et de l’IPA. Formatrice de psychanalystes.
  • Amria, étudiante et analysante à Beyrouth

Avec la participation exceptionnelle de Moustapha Safouan, psychanalyste lacanien français, d'origine égyptienne. Traducteur en arabe de L'Interprétation des rêves de Freud.

Un grand merci à Karim, Sabyl Ghoussoub, Habib Debs, Mazen Haidar, Elias Abdel Sater et Lena Merhej pour leur aide à la préparation de ce documentaire.

Mixage : Vincent Venet

Avec le soutien de Gulliver, une initiative conjointe de la SACD, la SCAM, la RTBF, la SACD France, la SCAM France, la SSA, pro littéris et la promotion des lettres de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

Une série documentaire de Seham Boutata, réalisée par Alexandra Longuet

Liste des musiques diffusées dans le documentaire, par ordre de diffusion (titre, artiste, album) :

  • Beirut, Ibrahim Maalouf (Diagnostic – 2011)
  • Good Bye Schlöndorff, Rayess Bek (Extrait de la bande-son du spectacle )
  • Watani, Fairouz (Lebanon Forever)
  • Nofa, Issa Hassan (Kurdomania – 2008)
  • Herzan, Soapkills (Golden Beirut)
  • Habbaytak Bissayf, Fairouz (The Very Best of Fairuz, Vol. 1)
  • La Parisienne, Marie-Paule Belle (La Parisienne)
  • Do you Love Me, Bendaly Family
  • Batwanes Beek, Warda (batwanes Beek – 1986)
  • Love and revenge - Batwaness Bik, Rayess Bek, Love and Revenge – La Mirza et Rayess Bek

Première diffusion le 7 mars 2017 

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