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Pancartes "touche pas à mon pote" lors d'une manifestation organisée par "SOS Racisme"
Épisode 3 :

Les espoirs déçus de la deuxième génération

55 min
À retrouver dans l'émission

Après la victoire du 3 décembre 1983, portés par l’enthousiasme et l’espoir suscité par la "Marche pour l’égalité", les marcheurs entreprennent d’agir ensemble. Dès lors, quels combats mener et comment les faire aboutir ?

Pancartes "touche pas à mon pote" lors d'une manifestation organisée par "SOS Racisme"
Pancartes "touche pas à mon pote" lors d'une manifestation organisée par "SOS Racisme" Crédits : JEAN-PHILIPPE KSIAZEK / AFP - AFP

De retour dans leurs quartiers, ces militants avaient un rêve : qu’un jour au sein de la République, les fils et ces filles d’immigrés puissent prendre leur destin en main et s’émanciper collectivement pour atteindre l’égalité réelle, entre français de toutes origines. 

De manière globale, ça a été vraiment un très beau moment et puis voilà quand on arrive à Paris, on est acclamé comme des héros et puis le lendemain plus rien ! C’est l’anonymat, plus personne pour vous accueillir. C. Delorme

On a été dépassé par notre succès.  On avait un objectif, c’était de faire déplacer les gens pour cette Marche et notre objectif a été atteint et on a pas envisagé le futur. S. Amara

Mais les divergences au sein des mouvements antiracistes et les errements de la politique de la Ville en auront décidé autrement… 

Dans cet épisode nous revenons notamment sur l’expérience de SOS Racisme, mais aussi sur le repli des militants sur l’éducation populaire, qui n’a pas porté ses fruits. Reprise en main par le politique qui en a fait un outil d’occupation sociale, elle perd progressivement sa fonction d’éducation à la citoyenneté. 

La Marche n’a jamais été soutenue par des grands artistes, par des grands journalistes, or SOS racisme a été soutenu par tout le monde quasiment, de gauche comme de droite. On a demandé une grande réunion publique entre les militants de la Marche et SOS racisme et ils ont refusé. D. Athallah 

C’est que, dans cette période de 1985 à 2005, la France a beaucoup changé. Petit à petit un plafond de verre politique se met en place. La France passe progressivement d’une politique de gestion sociale des inégalités à une politique de gestion des identités et des territoires. La lutte contre les discriminations crée aussi une discrimination des luttes.

Il y a quelque chose de très important qui a changé, c’est le rapport à la Gauche. Avant, c’était des militants avec qui on pouvait discuter. C’est devenu très compliqué avec les histoires de communautarisme et d’Islam. S. Boukenouche

Politique de la ville, ZEP, ZUS, les politiques d’exception deviennent la règle… L’idée même de vivre ensemble décline. Et le clientélisme se généralise à Marseille comme dans d’autres villes de banlieue, notamment à travers le secteur associatif.

Rénovation urbaine dans le quartier des Sablons, Sarcelles, 2010
Rénovation urbaine dans le quartier des Sablons, Sarcelles, 2010 Crédits : Cédric Faimali/Collectif Argos

Avec

  • Djamel Athallah, président de l'Association des marcheurs historiques de 1983
  • Christian Delorme, prêtre et ancien membre de la Cimade
  • Salika Amara, Youcef Boussaa et Kaissa Titous, membres du comité parisien d’accueil de La Marche.
  • Zoubida Meguenni, ancienne présidente des associations Schebba et Assur
  • Said Boukenouche, enseignant et fondateur du centre social de Bassens à Marseille
  • Hanifa Tagelmint, co-présidente de Mémoires en marche

Une série documentaire de Sébastien Daycard-Heid, réalisée par Véronique Samouiloff

Bibliographie

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