LE DIRECT
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.
Une terre qui parle
Épisode 1 :

La terre s’est tue

58 min
À retrouver dans l'émission

Dans le train, quand on regarde par la fenêtre, ce sont de vastes champs que l’on voit. Nous appelons cela « nature » et il arrive même que l’on trouve ça beau. Comment en est-on arrivé là ?

Massif de la Sainte-Baume
Massif de la Sainte-Baume Crédits : ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP - AFP

Il y a 10 000 ans, soit 350 générations humaines, l’Europe est couverte d’arbres. Claire Delhon observe : "À la Sainte-Baume, c'est le paysage que les Néolithiques pouvaient avoir sous les yeux quand ils sont arrivés en Provence et qu'ils ont commencé à mener leurs activités. Il y avait probablement des grands espaces où la forêt ressemblait à ça." 

La Grèce, l’Espagne, l’Islande sont des forêts humides. La France, avec ses 2 côtes, ses fleuves, ses rivières innombrables, est saturée de vie. Des légions de castors composent et recomposent le maillage de la forêt et des cours d’eau. Chaque année, des milliards de poissons migrateurs remontent les rivières et meurent, apportant aux arbres d’immenses quantités de minéraux. La mer nourrit la forêt. Tout dialogue dans ce grand cycle où les humains vivent de chasse et de cueillette. 

Aujourd’hui, le paysage a changé : des villes ont poussé au milieu des champs.  Gilbert Cochet  remarque : "Ce paysage qui paraît très sauvage à première vue, c'est un paysage qui a été fortement marqué par l'action de l'homme et notamment par l'agriculture, un peu dans tout le sud de la France et dans le Massif Central aussi, il s'agissait d'habiter la pente et habiter la pente, c’était faire disparaître cette pente. Donc les habitants ont remonté les murs, remonté la terre en permanence pour cultiver sur ces chaussées terrasses". La France est devenue un vaste agrosystème et c’est dans un pays sans insectes et sans hirondelles que grandissent les enfants. Ils ne s’en inquiètent pas : c’est pour eux la normalité. Ils sont - comme nous le sommes - amnésiques.  

La catastrophe écologique est une crise de la sensibilité. C’est parce qu’il ne nous parle pas qu’on peut, qu’on laisse, maltraiter le vivant. Parce que la terre s’est tue, il y a une mémoire à retrouver, une parole, un dialogue. 

Avec : 

Gilbert Cochet, naturaliste 

Béatrice Kremer-Cochet, naturaliste 

Claire Delhon, archéobotaniste 

Jean-Paul Demoule, archéologue 

Matthieu Calame, agroécologue 

Un documentaire de Tao Favre, réalisé par Assia Khalid et Séverine Cassar.

Liens

Pour afficher ce contenu Youtube, vous devez accepter les cookies Publicité.

Ces cookies permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d'intérêt.
Gérer mes choix

Musiques extraites de :

OREN AMBARCHI, SVARTE GREINER, MIROSLAV KABELAC, PHILL NIBLOCK, FRITZ HAUSER, ERIK K SKODVIN, IANNIS XENAKIS, MACHINEFABRIEK, GIACINTO SCELSI, et JULIA KENT.

ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......