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Men of the Docks, peinture à l'huile de l'artiste américain George Bellows (1912). Au fond, Brooklyn.
Épisode 2 :

Après la guerre la modernité

54 min
À retrouver dans l'émission

Les contempteurs de la modernité américaine, les cobayes de la modernité urbaine et architecturale et de la vitesse américaines sont particulièrement actifs dans l’entre-deux-guerres, et jusqu’aux années 1950.

Cliché de Lewis Hine (1874–1940), photographe et sociologue progressiste américain. Il s'engage notamment via la photographie contre le travail des enfants.
Cliché de Lewis Hine (1874–1940), photographe et sociologue progressiste américain. Il s'engage notamment via la photographie contre le travail des enfants. Crédits : Lewis Hine

Les passeurs de l’Amérique vers la France, voyageurs à une époque où on l’est nettement moins qu’aujourd’hui, sont des intellectuels et des écrivains qui partent par plaisir. Ce sont aussi des témoins, réfugiés en Amérique malgré eux, pour fuir le nazisme. La ville américaine devient « un topos de l’antiaméricanisme de gauche », selon l’universitaire Philippe Roger. Louis-Ferdinand Céline aime et déteste New York, la « ville debout » ; Sartre déteste en New York « la ville à ciel ouvert », et admire John Dos Passos pour ses positions politiques. Paul Morand critique New York et en profite pour étaler son antisémitisme. 

Simone de Beauvoir, elle, analyse l’individualisme et le racisme américains dans L’Amérique au jour le jour. Elle découvre les Etats-Unis en y séjournant pendant quatre mois et les parcourt du nord au sud. André Malraux préface la version française de Sanctuaire de Faulkner, et avec cette célèbre phrase, « l’irruption de la tragédie dans le roman policier », propulse le roman. Quant au catholique Jacques Maritain, il témoigne de la vie intellectuelle locale dans Réflexions sur l’Amérique (1958), et à sa façon, prépare le terrain pour l’élection d’un président catholique, Kennedy, ce qui n’allait pas de soi dans un pays majoritairement protestant.

La culture des soldats

Une relation nouvelle aux États-Unis et des rapports culturels nouveaux naissent de l'intervention américaine dans la guerre. En 1918, au moment de l'armistice, deux millions de soldats américains sont sur le sol français. Avec eux, c’est tout un pan de la culture américaine qui arrive. Les phénomènes les plus les plus connus sont ceux du jazz et du cinéma américain. Il y a aussi la littérature. D'abord de petits fascicules pas chers de Nick Carter, Buffalo Bill… ce genre de choses. Les premiers à s'en emparer, ce sont les avant-gardes et notamment les poètes d'avant garde. Apollinaire, par exemple, va se ruer sur les fascicules américains. Les surréalistes, Aragon, Philippe Soupault, eux aussi sont très friands de ces dime novels, notamment de Nick Carter. Alexis Buffet

Attraction-répulsion 

Très souvent, on observe une vision assez ambivalente avec d'un côté, le mépris de l’écrivain français pétri de culture classique pour les États-Unis sont un pays sans histoire, sans culture, concentré sur l'industrie et non pas sur la production artistique. En même temps, il y a aussi une fascination pour le dynamisme de la société américaine. Cette société qui se construit par la migration, qui connaît une croissance économique formidable dans les années 1920, période de l’entrée dans la culture de masse. Quelqu'un comme Paul Morand apprécie tout à fait l'architecture new yorkaise, par exemple, tout en prenant de haut ce pays. Ludovic Tournès

Lévi-Strauss et la société américaine 

Les sentiments de Lévi-Strauss pour l'Amérique du Nord étaient régis par une certaine ambivalence. D'une part, il a toujours dit sa reconnaissance éternelle à l'égard des États-Unis, où il s'est exilé de 1941 à 1947. Il a bénéficié d'un programme de sauvetage des savants. Il a toujours dit que les États-Unis lui avaient vraisemblablement sauvé la vie puisqu'il était juif. À côté de ce sentiment de reconnaissance, il y a une sorte de répugnance vis-à-vis de la société américaine. Mais Lévi-Strauss contrairement à pas mal d'autres, ne veut pas donner dans l'anti-américanisme épidermique. Il ne peut pas d'ailleurs ; il a quand même vécu six ans là bas. Donc, on peut dire qu'il a fait de l'observation participante. Alors des réticences vis-à-vis de quoi ? Du conformisme de la société américaine, du primat de la loi du groupe ou encore d’une sorte d'infantilisme généralisé. Emmanuelle Loyer

Avec

Un documentaire de Virginie Bloch Lainé, réalisé par Clotilde Pivin

Bibliographie

Liens

Partenariat

LSD, La série documentaire est en partenariat avec Tënk, la plateforme du documentaire d’auteur, qui vous permet de visionner le film Jour des élections du réalisateur brésilien Nereu Afonso Da Silva (8 minutes, 2018) jusqu'au 09/11/2020. 

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