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L'Île des morts, 1886, Huile sur bois, 80 × 150 cm
Épisode 2 :

L’œil d’Hitler

55 min
À retrouver dans l'émission

Dans le cercle étroit des hauts dignitaires nazis, beaucoup se voyaient comme des artistes. Hitler et l’art : une passion funeste.

L'Île des morts, 1886, Huile sur bois, 80 × 150 cm
L'Île des morts, 1886, Huile sur bois, 80 × 150 cm Crédits : Arnold Böcklin / Domaine Public

Première diffusion du 03 au 07/04/17

Dans le cercle étroit des hauts dignitaires nazis, beaucoup se voyaient comme des artistes. Rejeté par l’Académie des Beaux-Arts de Vienne, Hitler lui-même se considérait comme un génie méconnu. Toute sa vie, le dictateur conçu sa carrière politique comme une création artistique.

"C’est cette passion d'Hitler pour l’art, cette image de soi comme artiste, qui a conduit à la catastrophe." (Birgit Schwarz)

Que ce soit au Berghof ou à la Chancellerie, « l’artiste de l’Allemagne » vivait entouré d’œuvres. Grand collectionneur d’art du XIXe siècle, Hitler se faisait apporter des tableaux jusque dans son bunker pour les contempler. La nuit, il feuilletait l’album des dessins architecturaux qu’il avait réalisés pour son futur musée. Ce rapport à l’art fut largement imité au sein du parti. Mais à la différence d’un Göring compulsif, qui tapissait de tableaux les murs de sa maison de campagne, Hitler trouvait dans l’art un moyen de se régénérer, de cultiver à ses propres yeux l’image de sa toute puissance. Si le Reich venait à s’effondrer, le peuple allemand pouvait bien disparaître. L’œuvre de purification, elle, resterait.

1933, le marché de l’art moderne en Allemagne était encore à peu près intact. En 1940, il était totalement détruit. Et après 1945, c’est l’art tout entier qui est anéanti, aussi dévasté que l’ensemble des villes. (Bernhard Maaz)

Avec :

  • Bernhard Maaz, directeur des Musées de Bavière, Munich
  • Johann Chapoutot, historien du nazisme, Paris
  • Birgit Schwarz, historienne de l’art, spécialiste d’Hitler, Vienne
  • Eric Michaud, historien de l’art, EHESS, Paris
  • Andrea Mayer, historienne de l’art, Berlin
  • Christian Fuhrmeister, historien de l’art sous le national-socialisme, Munich

Une série documentaire de Christine Lecerf, réalisée par Franck Lilin

Les voix (traductions et génériques) sont de : Andrea Schiffer, Claude Aufaure, Laurent Lederer et Martine Schambacher

Musiques : Vladimir Martynov Quatuor à cordesEva Maria Houben, Nachtstück (Double Bass) • Requiem for larissa de Valentin Silvestrov

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