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Vous regardez une œuvre du peintre allemand Otto Dix (1891-1969) « der Krieg » ou « La Guerre », célèbre triptyque réalisé entre 1929 et 1932, conservé à Dresde, en Allemagne. Wikipédia
Épisode 1 :

Artistes au front : comment raconter ou ne pas raconter la première guerre

55 min
À retrouver dans l'émission

Comment traduire la violence dans l'art ?

Sur les pas de Blaise Cendrars, trou d’obus dans Le bois de la Vache à Frise (Somme)
Sur les pas de Blaise Cendrars, trou d’obus dans Le bois de la Vache à Frise (Somme) Crédits : Perrine Kervran - Radio France

Une série de Perrine Kervran, réalisée par Gislaine David

L’offensive du chemin de dames, l’entrée en guerre des Etats unis, le ballet « Parade », « Fountain » de Duchamp , Dada à Zurich, Verdun de Vallotton, les joueurs de carte de Fernand Leger, la révolution russe, Apollinaire et « Les mamelles de Tirésias », Diego Rivera abandonne le cubisme et assomme Pierre Reverdy dans une galerie parisienne…Tout ça et bien d’autres choses ont pris place en 1917 ; entre Paris, Zurich, la Champagne, New York, Moscou et Mexico. 1917 est une année folle, une de ses années prétexte qui permet d’ausculter le monde et la façon dont les évènements s’imbriquent les uns dans les autres.
Alors l’idée a été d’ausculter tout ça au travers du regard des artistes et de voir comment ils se sont soudain retrouvés combattants, souvent poussés par un patriotisme nationaliste. De voir aussi ce que la guerre a fait à la peinture et aux représentations. De prendre la mesure de ce que le dégout de la guerre, la jeunesse et un certain pacifisme ont pu produire comme colère et comme cynisme chez d’autres artistes pour aboutir à Dada ou aux « Ready made ». Et de constater, qu’en 1917, Paris est une ville qui continue à produire de la peinture, de la poésie et du spectacle, une ville où les avant-gardes se font toujours concurrence et où elles hantent Montparnasse ses cafés et ses ateliers au rythme des blessures, des permissions et des allers et retours.
Et puis c’est aussi l’envie de regarder plus loin, ailleurs et de voir comment certains artistes font le choix d’enfourcher la cause révolutionnaire pour mettre leur art au service de la révolution russe, mexicaine, allemande ou de l’éducation populaire…
Mais ce qui est sûr c’est que tout ça a ouvert la voie à l’art conceptuel, à la provocation, au surréalisme, à l’art engagé et paradoxalement aussi à un certain retour à l’ordre.

1. Artistes au front : comment raconter ou ne pas raconter première guerre

Les artistes aussi ont fait l’expérience des tranchées et souvent ils se sont engagés avec enthousiasme : Cendrars, Léger, Dix, Beckmann, Apollinaire, Vaché, Tolkien, Zadkine, Braque ou Masson, qu’ils aient été ambulanciers, artilleurs, simples soldats, artistes camoufleurs ou infirmiers. Ils ont vu la mort de près, ont parfois été sévèrement blessés, ils ont mesuré le paroxysme de la violence associée à un armement qui tue en masse. Ils ont vu les corps disloqués, la peur et les hommes devenir fous, eux même parfois le sont devenus. Et chacun a réagi à sa façon, traduisant la violence dans leur art, ou choisissant de ne pas la représenter. Ils ont dessiné avec fièvre dès qu’ils le pouvaient ou ont posé leurs crayons le temps du conflit. Mais tous ont été changés et leur œuvres avec eux. Alors, après le conflit, ils ont fait le récit de cette expérience dans des textes sidérants et ils ont fait entrer la mécanisation du monde dans la peinture.

Avec Annette Becker, Ariane Coulondre, Philippe Dagen, Claire Garnier, Béatrice Joyeux-Prunel, Claire Maingon, Laurent Mariot, Marie-Pascale Prévost-Bault, Sylvie Le Ray-Burimi et Christophe Thomas.

Pour beaucoup d'artistes la guerre est vu comme purificatrice. Pour Cendrars, par exemple, c'était voir la guerre et trouver derrière la liberté .

Le fait de s'engager quand on était étranger, soumis à la pression xénophobe, c'était une manière de montrer que j'en étais. Quelqu'un qui était intégré et qu'on était pas une menace pour le pays, d'autant plus que les avant-gardes était considéré être une menace pour le pays.

Fernand Léger va beaucoup insisté sur la découverte qu'il a faite au front de la beauté de la machine.

Ernst Jünger a répondu à un journaliste qui lui posait la question : "Qu'elle est votre plus mauvais souvenirs de la guerre ?". Il a répondu "C'est de la perdre !".

Bibliographie et liens

En partenariat

Cette semaine, LSD, La série documentaire est en partenariat avec Tënk, la plateforme du documentaire d’auteur, qui vous permet de visionner pendant deux semaines le documentaire de Marion Poussier "Quinze ans"

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