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Image matinale du chantier de construction du stade Arena 92 Nanterre-La Défense, Nanterre, Paris, France.
Épisode 3 :

Les codes du bâtiment

58 min

La journée sur un chantier est rythmée par des codes, que les travailleurs apprennent en même temps qu’ils gagnent en savoir-faire.

Un ouvrier regarde le chantier de la future station de métro Arcueil - Cachan sur la ligne 15 sud du projet de transport « Grand Paris Express »
Un ouvrier regarde le chantier de la future station de métro Arcueil - Cachan sur la ligne 15 sud du projet de transport « Grand Paris Express » Crédits : Ludovic MARIN - AFP

Apprendre, en regardant les autres, les gestes qui demandent le moins de force physique, c’est un plaisir, comme l’explique l’écrivain et philosophe Arthur Lochmann qui fut charpentier pendant une dizaine d’années. Dans cette profession où il faut souvent porter des choses lourdes, l’expérience et la sagesse vous enseignent que « se faire mal ne fait pas partie du métier, c’est un équilibre à trouver » comme Aurélie Ouzineb, architecte et charpentier a pu l’apprendre de ses collègues plus expérimentés. 

Jean- Luc Trottin, ingénieur chez Eiffage, souligne l’importance pour un ingénieur de discuter avec les ouvriers afin de trouver la meilleure solution face à un imprévu, car ils ont une expérience de terrain que les ingénieurs oublient, même si certains commencent leur carrière sur les chantiers : « Pendant quelques années, j'ai travaillé sous terre avec les ouvriers et effectivement, on comprend mieux ensuite comment fonctionne l'équipe, ce qui la motive, ce qui fait qu'une équipe avance bien. Ça aide à être un bon patron, de mieux comprendre la difficulté du travail souterrain ».  

Les rituels du monde du bâtiment, ce sont les mouvements du corps, le café du matin, le grutier qui descend déjeuner ou la petite trace laissée sur un parquet, un mur ou une toiture ; ceci se fait de moins en moins, car les chantiers doivent se terminer de plus en plus vite. 

Les intervenants de la série insistent aussi sur les progrès accomplis dans la sécurité ces dernières années, avec lesquels des habitudes se sont perdues. Il y a trente ans, les ouvriers grimpaient sur les toits sans harnais ; les gants et même les casques n’étaient pas obligatoires comme le rappel Jean-Luc Lemoine, charpentier et conducteur de travaux, « le métier a énormément évolué, il y a trente ans de ça, on travaillait comme au Moyen-âge. » Clément Imbert, conducteur de travaux ajoute que pour la sûreté de tous « il faut un esprit d’équipe sur un chantier, il faut que tout le monde prenne soin des autres, on doit être là pour s’entraider. C'est un métier qui est mécanisé et qui peut vite devenir à risque si on ne fait pas attention à la sécurité et à l'esprit d'équipe ».

Les accidents n’ont pas disparu pour autant. La prévention des risques a des inconvénients : on ne jouit pas de la hauteur ni de la liberté qu’elle offre de la même façon lorsqu’on travaille sur une toiture à bord d’une nacelle et non plus directement sur la charpente.

Un documentaire de Virginie Bloch-Lainé, réalisé par Clotilde Pivin.

Avec : 

Rudy Riccioti, architecte 

François Auger, charpentier et architecte 

Maud, peintre en bâtiment, compagnon du devoir 

Jean-Luc Trottin, ingénieur chez Eiffage 

Clément Imbert, conducteur de travaux 

Benoît Lapostolle, ingénieur génie civile chez Eiffage 

Luc Weizmann, architecte 

Jean-Luc Lemoine, charpentier et conducteur de travaux 

Jean-Bernard Payet, charpentier et chef de travaux 

Arthur Lochmann, ancien charpentier et philosophe 

Aurélie Ouzineb, architecte et charpentier

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